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HEC 1996 Maths 1Maths approfondies

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ÉcoleHEC
Année1996
ÉpreuveMaths 1
OptionECS
Thème principalAnalyse
ChapitresEspaces vectoriels, Applications linéaires, Fonctions, Calcul intégral

Dans tout le problème, on désigne par \(n\) un entier naturel donné supérieur ou égal à 2 et par \(f\) une application de classe \(\mathcal{C}^{2 n}\) du segment \([-1,1]\) dans \(\mathbb{R}\).

On se propose d’établir une méthode de calcul approché de l’intégrale \(\displaystyle \mathcal{J}(f)=\int_{-1}^{1} f(t) \, \mathrm{d} t\).

Dans la partie I, on étudie le polynôme \(P_{n}(x)=\left(x^{2}-1\right)^{n}\), ses dérivées successives \(P_{n}^{(j)}\) et notamment sa dérivée \(n^{\text {eme }}\) : \(P_{n}^{(n)}\).

La partie II propose l’étude de deux procédés d’interpolation polynomiale de la fonction \(f\). Le premier permet de définir la méthode utilisée pour le calcul d’une valeur approchée de \(\mathcal{I}(f)\), le second de majorer l’erreur commise.

Partie I

  1. Étude des racines de \(P_{{n}}\) et de ses dérivées.

    1. Établir l’existence, pour tout entier naturel \(j\) inférieur ou égal à \(n\), d’un polynôme \(Q_{j}\) tel que, pour tout nombre réel \(x\) : \[\begin{cases} P_{n}^{(j)}(x)=\left(x^{2}-1\right)^{n-j} Q_{j}(x) \\ Q_{j}(-1) \neq 0 \text { et } Q_{j}(1) \neq 0 \rule[0pt]{0pt}{15pt} \end{cases}\]

    2. À l’aide du théorème de Rolle, dont on rappellera l’énoncé précis, montrer que le polynôme \(P_{n}^{\prime}\) admet au moins une racine dans l’intervalle \(] -1,1 [\) puis que le polynôme \(P_{n}^{\prime \prime}\) admet au moins deux racines distinctes dans l’intervalle \(]-1,1[\).

      Établir que, pour tout entier naturel \(j\) compris entre 1 et \(n\), le polynôme \(P_{n}^{(j)}\) admet au moins \(j\) racines distinctes dans l’intervalle \(] -1,1[\).

    3. En déduire que le polynôme \(P_{n}^{(n)}\) admet exactement \(n\) racines réelles distinctes et que celles-ci appartiennent à l’intervalle \(]-1,1[\).

      Dans toute la suite du problème, ces racines sont notées \(r_{1}, r_{2}, \ldots, r_{n}\) avec : \[-1<r_{1}<r_{2}<\ldots<r_{n}<1\]

  2. Calcul d’une intégrale auxiliaire.

    On pose, pour tout couple \((p, q)\) d’entiers naturels : \[W(p, q)=\int_{-1}^{1}(t-1)^{p}(t+1)^{q} \, \mathrm{d} t\]

    1. À l’aide d’une intégration par parties, établir une relation entre \(W(p+1, q-1)\) et \(W(p, q)\) lorsque \(q \geqslant 1\).

    2. En déduire que : \(\displaystyle W(n, n)=(-1)^{n} \frac{2^{2 n+1}(n !)^{2}}{(2 n+1) !}\).

  3. Calcul d’intégrales associées au polynôme \(P_{n}\) et à ses dérivées.

    Dans cette question, on désigne par \(Q\) un polynôme à coefficients réels.

    1. Établir, à l’aide d’intégrations par parties successives, l’égalité suivante : \[\int_{-1}^{1} Q(t) P_{n}^{(n)}(t)\, \mathrm{d} t=(-1)^{n} \int_{-1}^{1} Q^{(n)}(t) P_{n}(t)\, \mathrm{d} t\]

    2. Quelle est la valeur de l’intégrale \(\displaystyle \int_{-1}^{1} Q(t) P_{n}^{(n)}(t) \, \mathrm{d} t\) lorsque \(Q\) est de degré strictement inférieur à \(n\) ?

    3. Expliciter \(P_{n}^{(2 n)}\) puis exprimer \(\displaystyle \int_{-1}^{1}\left(P_{n}^{(n)}(t)\right)^{2} \, \mathrm{d} t\) en fonction de \(W(n, n)\) et obtenir ainsi sa valeur.

Partie II

  1. Polynôme d’interpolation de Lagrange de \(f\).

    On pose désormais pour tout entier \(j\) compris entre 1 et \(n\) et pour tout nombre réel \(x\) : \[L_{j}(x)=\prod_{\substack{i=1 \\ i \neq j}}^{n} \frac{x-r_{i}}{r_{j}-r_{i}} \quad \text{et} \quad \lambda_{j}=\int_{-1}^{1} L_{j}(t) \, \mathrm{d} t\]

    1. Calculer \(L_{j}(r_{i})\) en distinguant suivant que \(i\) est, ou non, égal à \(j\).

      En déduire que \(\left(L_{1}, L_{2}, \ldots, L_{n}\right)\) est une base de l’espace vectoriel \(\mathbb{R}_{n-1}[X]\) des polynômes de degré strictement inférieur à \(n\).

    2. Expliciter, dans la base précédente, un polynôme \(A_{n}\) de degré strictement inférieur à \(n\) tel que \(A_{n}(r_{j})=f(r_{j})\) pour tout entier \(j\) compris entre 1 et \(n\) et prouver qu’un tel polynôme est unique.

    3. Établir l’égalité \(\displaystyle \int_{-1}^{1} A_{n}(t) \, \mathrm{d} t=\sum_{j=1}^{n} \lambda_{j} f(r_{j})\).

      On se propose désormais de prendre pour valeur approchée de \(\displaystyle \mathcal{J}(f)=\int_{-1}^{1} f(t) \, \mathrm{d} t\) l’intégrale \(\displaystyle \mathcal{J}(A_{n})=\int_{-1}^{1} A_{n}(t) \, \mathrm{d} t\) que l’on notera \(\mathcal{J}_{n}(f)\) dans toute la suite du problème.

      En d’autres termes, on prend pour valeur approchée de l’intégrale \(\mathcal{J}(f)\) le nombre réel \[\displaystyle \mathcal{J}_{n}(f)=\sum_{j=1}^{n} \lambda_{j} f(r_j)\]

  2. Comparaison de \(\mathcal{J}(P)\) et de \(\mathcal{J}_{{n}}(P)\) lorsque \(P\) est un polynôme.

    Dans cette question, on suppose que \(P\) est un polynôme dont le degré est noté \(\operatorname{deg}(P)\).

    Par convention le degré du polynôme nul sera posé égal à \(-\infty\).

    1. On suppose que \(\operatorname{deg}(P)<n\).

      Comparer \(\mathcal{J}(P)\) et \(\mathcal{J}_{n}(P)\).

    2. On suppose que \(\operatorname{deg}(P)<2 n\).

      • Justifier l’existence d’un couple \((Q, R)\) de polynômes tel que l’on ait : \[P=Q P_{n}^{(n)}+R \quad \text { et } \quad \operatorname{deg}(R)<n\]

        Montrer que \(\operatorname{deg}(Q)<n\).

      • Déduire des résultats de la partie I que \(\mathcal{J}(P)=\mathcal{J}(R)\).

      • Comparer \(\mathcal{I}_{n}(R)\) et \(\mathcal{J}_{n}(P)\) puis \(\mathcal{J}(P)\) et \(\mathcal{I}_{n}(P)\).

  3. Polynôme d’interpolation de Hermite de \(f\).

    1. À tout polynôme \(H\) de l’espace vectoriel \(\mathbb{R}_{2 n-1}[X]\) des polynômes de degré strictement inférieur à \(2 n\), on associe l’élément \(\varphi(H)=\left(H(r_1), H^{\prime}(r_1), H(r_2), H^{\prime}(r_2), \ldots, H(r_n), H^{\prime}(r_n)\right)\) de \(\mathbb{R}^{2 n}\).

      Établir que \(\varphi\) est une application linéaire de \(\mathbb{R}_{2 n-1}[X]\) dans \(\mathbb{R}^{2 n}\) et déterminer son noyau.

      On rappelle qu’un polynôme non nul de degré \(d\) admet au plus \(d\) racines comptées avec leur ordre de multiplicité.

    2. En déduire qu’il existe un polynôme \(B_{n}\) de degré strictement inférieur à \(2 n\) et un seul tel que \(B_{n}(r_j)=f(r_j)\) et \(B_{n}^{\prime}(r_j)=f^{\prime}(r_j)\) pour tout entier \(j\) compris entre 1 et \(n\).

    3. Déduire des résultats précédents que \(\mathcal{J}(B_{n})=\mathcal{J}_{n}(B_{n})\) puis enfin que \(\mathcal{J}(B_{n})=\mathcal{J}_{n}(f)\).

  4. Majoration de \(\left|\mathcal{J}(f)-\mathcal{J}_{n}(f)\right|\).

    Soit \(M_{2 n}(f)\) le maximum (dont on justifiera l’existence) de \(\left|f^{(2 n)}(t)\right|\) lorsque \(t\) décrit le segment \([-1,1]\).

    1. Dans cette question, on désigne par \(x\) un nombre réel donné appartenant au segment \([-1,1]\) et distinct des nombres \(r_{1}, r_{2}, \ldots, r_{n}\).

      On envisage alors l’application \(g_{x}\) définie sur \([-1,1]\) par \[g_{x}(t)=f(t)-B_{n}(t)-\alpha\left(P_{n}^{(n)}(t)\right)^{2}\]

      \(\alpha\) est le nombre réel (dont on justifiera l’existence) tel que \(g_{x}(x)=0\).

      • Calculer \(g_{x}^{\prime}(r_1), g_{x}^{\prime}(r_2), \ldots, g_{x}^{\prime}(r_n)\).

      • En appliquant le théorème de Rolle à l’application \(g_{x}\) sur des intervalles convenables, prouver que \(g_{x}^{\prime}\) s’annule en au moins \(n\) points de \(]-1,1\left[\right.\) distincts de \(r_{1}, r_{2}, \ldots, r_{n}\).

      • Établir que \(g_{x}^{(2 n)}\) s’annule en au moins un point \(c\) appartenant au segment \([-1,1]\).

      • Expliciter \(g_{x}^{(2 n)}(t)\) et en déduire une expression de \(\alpha\) en fonction de \(f^{(2 n)}(c)\) et de \(n\).

      • À l’aide de l’égalité \(g_{x}(x)=0\), établir que \(\displaystyle f(x)-B_{n}(x)=\frac{(n !)^{2}}{((2 n) !)^{3}} \, f^{(2 n)}(c)\left(P_{n}^{(n)}(x)\right)^{2}\).

    2. Prouver que, pour tout réel \(x\) de \([-1,1]\) : \[\left|f(x)-B_{n}(x)\right| \leqslant \frac{(n !)^{2}}{((2 n) !)^{3}} \, M_{2 n}(f)\left(P_{n}^{(n)}(x)\right)^{2}\]

      On distinguera deux cas suivant que \(x\) est, ou non, égal à l’un des nombres réels \(r_{1}, r_{2}, \ldots, r_{n}\).

      Déduire alors des résultats des parties I et II que : \[\left|\mathcal{J}(f)-\mathcal{J}_{n}(f)\right| \leqslant \frac{M_{2 n}(f)}{ \binom{2n}n ^{2}} \times \frac{2^{2 n+1}}{(2 n+1) !}\]

    3. On considère dans cette question une application \(g\) à valeurs dans \(\mathbb{R}\) définie et de classe \(\mathcal{C}^{2 n}\) sur un segment \([a, b]\). On désigne par \(M_{2 n}(g)\) le maximum de \(\left|g^{(2 n)}(u)\right|\) lorsque \(u\) décrit le segment \([a, b]\).

      En envisageant l’application \(f\) définie sur \([-1,1]\) par \(\displaystyle f(t)=g\! \left(\frac{a+b}{2}+t \frac{b-a}{2}\right)\), donner en fonction de \(a, b, n\) et \(M_{2 n}(g)\) un majorant de l’expression suivante : \[\left|\int_{a}^{b} g(u)\, \mathrm{d} u-\frac{b-a}{2} \sum_{j=1}^{n} \lambda_{j} \, g\! \left(\frac{a+b}{2}+r_{j}\, \frac{a-b}{2}\right)\right|\]

  5. Étude d’un cas particulier.

    Dans cette question, on suppose que \(n=2\).

    1. Déterminer le polynôme \(P_{2}^{\prime \prime}\), ses racines \(r_{1}\) et \(r_{2}\), les polynômes \(L_{1}, L_{2}\) ainsi que les intégrales \(\lambda_{1}=\mathcal{I}(L_{1})\) et \(\lambda_{2}=\mathcal{J}(L_{2})\).

    2. En appliquant la majoration obtenue au II.7.c., montrer que : \[\left|\int_{a}^{b} g(u) \, \mathrm{d} u-\frac{b-a}{2}\left(g\! \left(\frac{a+b}{2}-\frac{b-a}{2 \sqrt{3}}\right)+g\!\left(\frac{a+b}{2}+\frac{b-a}{2 \sqrt{3}}\right)\right)\right| \leqslant \frac{M_{4}(g)(b-a)^{5}}{4320}\]

    3. On considère un entier \(p \geqslant 1\) et on subdivise le segment \([a, b]\) en \(p\) sous-segments de même longueur, dont on note les milieux \(c_{1}, c_{2}, \ldots, c_{p}\).

      En appliquant l’inégalité précédente à chacun de ces \(p\) sous-segments, majorer en fonction de \(p\) et \(M_{4}(g)\) l’expression suivante : \[\left|\int_{a}^{b} g(u)\, \mathrm{d} u-\frac{b-a}{2 p} \sum_{k=1}^{p}\left(g \! \left(c_{k}-\frac{b-a}{2 p \sqrt{3}}\right)+g \!\left(c_{k}+\frac{b-a}{2 p \sqrt{3}}\right)\right)\right|\]

    4. Écrire un programme Python de calcul de la somme précédente, les réels \(a\) et \(b\), la fonction \(g\) ainsi que l’entier \(p\) étant supposés donnés.

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