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Justifier que, pour tout \(n\in\mathbb{N}\) : \(\displaystyle t^n \,\mathrm{e}^{-t^2} \underset{t \to {+\infty}}= \circ\! \left( \frac{1}{t^2} \right)\).
Montrer que, pour tout \(n\in\mathbb{N}\), l’intégrale \(\displaystyle I_n= \int_{-\infty}^{+\infty}t^n\,\mathrm{e}^{-t^2}\,\mathrm{d}t\) converge.
En déduire que, pour tout polynôme \(P\) de \(\mathbb{R}[x]\), l’intégrale \(\displaystyle\int_{-\infty}^{+\infty}P(t)\,\mathrm{e}^{-t^2}\,\mathrm{d}t\) converge.
On admet dans tout le problème : \(\displaystyle \int_{-\infty}^{+\infty}\mathrm{e}^{-t^2}\,\mathrm{d}t= \sqrt{\pi}\).
On note, dans tout le problème, pour tout \(n\in\mathbb{N}\) : \(\displaystyle I_n= \int_{-\infty}^{+\infty}t^n\,\mathrm{e}^{-t^2}\,\mathrm{d}t\).
À l’aide d’une intégration par parties, établir : \[\forall n \in \mathbb{N},\ I_{n+2}=\frac{n+1}{2}\,I_n\]
Prouver que : \[\forall p\in\mathbb{N},\ I_{2p+1}=0\]
Prouver que : \[\forall p\in\mathbb{N},\ I_{2p}=\frac{(2p)!}{2^{2p}\,p!}\,\sqrt{\pi}\]
On note \(F\) l’application de \(\mathbb{R}^2\) dans \(\mathbb{R}\) définie par : \[\forall (x,y)\in\mathbb{R}^2,\ F(x,y)=\frac{1}{\sqrt{\pi}}\,\int_{-\infty}^{+\infty}(t-x)^2(t-y)^2\,\mathrm{e}^{-t^2}\,\mathrm{d}t\]
Montrer que : \[\forall (x,y)\in\mathbb{R}^2,\ F(x,y)=\frac{3}{4}+\frac{1}{2}(x^2+4xy+y^2)+x^2y^2\]
Calculer les dérivées partielles d’ordre \(1\) de \(F\) et en déduire les trois points critiques de \(F\).
Déterminer les extremums locaux de \(F\).
Montrer que, pour tout \(x\in\mathbb{R}\), les intégrales \(\displaystyle\int_0^{+\infty}\sin(xt)\,\mathrm{e}^{-t^2}\,\mathrm{d}t\) et \(\displaystyle\int_0^{+\infty}t\,\cos(xt)\,\mathrm{e}^{-t^2}\,\mathrm{d}t\) convergent.
On note \(S: \mathbb{R}\to \mathbb{R}\) et \(C : \mathbb{R}\to \mathbb{R}\) les applications définies, pour tout \(x\in\mathbb{R}\), par : \[S(x)=\int_0^{+\infty}\sin(xt)\,\mathrm{e}^{-t^2}\,\mathrm{d}t\quad \text{et} \quad \displaystyle C(x)=\int_0^{+\infty}t\,\cos(xt)\,\mathrm{e}^{-t^2}\,\mathrm{d}t\]
Établir, pour tout \(a\in\mathbb{R}\) et pour tout \(\lambda\in\mathbb{R}\) : \[\left| \sin(a+\lambda)-\sin a-\lambda\,\cos a \right| \leqslant \frac{\lambda^2}{2}\]
Démontrer que : \[\forall x\in\mathbb{R},\ \lim_{h\to 0} \left[\frac{S(x+h)-S(x)}{h}-C(x)\right]=0.\]
On pourra utiliser l’inégalité de Taylor-Lagrange.
En déduire que \(S\) est dérivable sur \(\mathbb{R}\) et que, pour tout \(x\in\mathbb{R}\), \(S'(x) = C(x)\).
À l’aide d’une intégration par parties, établir : \[\forall x\in\mathbb{R},\ C(x)=\frac{1}{2}-\frac{x}{2}\,S(x).\]
Prouver que : \[\forall x\in\mathbb{R},\ 2\,\mathrm{e}^{\frac{x^2}{4}}\,S(x)=\int_0^x \mathrm{e}^{\frac{t^2}{4}}\,\mathrm{d}t.\]
En déduire que, pour tout réel \(x\) : \[S(x)=\frac{1}{2}\,\mathrm{e}^{-\frac{x^2}{4}}\,\int_0^x \mathrm{e}^{\frac{t^2}{4}}\,\mathrm{d}t\quad\text{et}\quad C(x)=\frac{1}{2}-\frac{x}{4}\,\mathrm{e}^{-\frac{x^2}{4}}\,\int_0^x \mathrm{e}^{\frac{t^2}{4}}\,\mathrm{d}t\]
Montrer que, pour tout \(x\in\mathbb{R}\), l’intégrale \(\displaystyle\int_{-\infty}^{+\infty}\frac{1}{1+x^2t^2}\,\mathrm{e}^{-t^2}\,\mathrm{d}t\) converge.
On note alors \(g : \mathbb{R}\to \mathbb{R}\) l’application définie par : \[\forall x\in\mathbb{R},\ g(x)=\int_{-\infty}^{+\infty}\frac{1}{1+x^2t^2}\,\mathrm{e}^{-t^2}\,\mathrm{d}t\]
Montrer que : \[\forall u\in\mathbb{R}^+,\ 0\leqslant (1-u+u^2)-\frac{1}{1+u}\leqslant u^3\]
En déduire que : \[\forall x\in\mathbb{R},\ 0\leqslant \int_{-\infty}^{+\infty}(1-x^2t^2+x^4t^4)\,\mathrm{e}^{-t^2}\,\mathrm{d}t-g(x)\leqslant \frac{15\sqrt{\pi}}{8}\,x^6\]
Montrer que \(g\) admet un développement limité à l’ordre \(5\) en \(0\) et former ce développement limité.
Montrer que, pour tout \(p\in\mathbb{N}\), l’intégrale \(\displaystyle u_p=\int_{-\infty}^{+\infty}\frac{t^{2p}}{t^2+(2p)!}\,\mathrm{e}^{-t^2}\,\mathrm{d}t\) converge.
Montrer que : \[\forall p\in\mathbb{N},\ 0\leqslant u_p \leqslant \frac{I_{2p}}{(2p)!}.\]
En déduire que la série de terme général \(u_p\) est convergente.
Soit \(n\) un entier supérieur ou égal à \(2\). On note \(\mathrm{I}_n\) la matrice identité de \(\mathcal{M}_n(\mathbb{R})\). On considère un \(n\)-uplet \((a_0,a_1,\dots,a_n)\) de nombres réels et le polynôme \(P\) défini par : \[P(X)=X^n + a_{n-1}X^{n-1} + \cdots + a_1X + a_0\]
On note \(C\) la matrice définie par : \[C= \begin{pmatrix} 0& \cdots & \cdots & \cdots & 0 & -a_0 \\ 1 & \ddots & (0) & & \vdots & -a_1 \\ 0& \ddots & \ddots & & \vdots & \vdots \\ \vdots & \ddots & \ddots & \ddots & \vdots & \vdots \\ \vdots & (0) & \ddots & \ddots & 0 & -a_{n-2} \\ 0& \cdots & \cdots & 0 & 1& -a_{n-1} \end{pmatrix}\]
On dit que \(C\) est la matrice compagnon du polynôme \(P\).
On note \(\mathcal{B}_0=(e_1,e_2,\dots,e_n)\) la base canonique de \(\mathbb{R}^n\). On note \(\mathrm{Id}\) l’endomorphisme identité de \(\mathbb{R}^n\) et on appelle \(f\) l’endomorphisme de \(\mathbb{R}^n\) tel que \(C\) soit la matrice associée à \(f\) relativement à la base \(\mathcal{B}_0\).
On note \(f^0=\mathrm{Id}\) et, pour tout entier naturel \(k\), \(f^{k+1}= f^k \circ f\).
Exprimer, pour tout \(i\in\left[\kern-0.15em\left[ {1,n-1} \right]\kern-0.15em\right]\), \(f(e_i)\) en fonction de \(e_{i+1}\).
En déduire : \[\forall j\in\left[\kern-0.15em\left[ {1,n-1} \right]\kern-0.15em\right],\ f^j(e_1)= e_{j+1} \quad\text{et}\quad f^n (e_1) = -(a_0e_1+a_1e_2 + \cdots + a_{n-1}e_n)\]
Soit \(g\) l’endomorphisme de \(\mathbb{R}^n\) défini par : \[g = f^n + a_{n-1}f^{n-1} + \cdots + a_1f + a_0 \, \mathrm{Id}\]
Vérifier que : \(g(e_1)=0\).
Montrer que : \[\forall i\in\left[\kern-0.15em\left[ {1,n} \right]\kern-0.15em\right],\ g(e_i)=0\]
Montrer que \(P\) est un polynôme annulateur de \(f\).
Application 1 : déterminer une matrice \(A\in \mathcal{M}_5(\mathbb{R})\) telle que : \(A^5=A^3+2A^2+\mathrm{I}_5\).
Établir que toutes les valeurs propres de \(C\) sont des racines du polynôme \(P\).
Soit \(Q= \alpha_0 + \alpha_1X + \cdots + \alpha_{n-1}X^{n-1}\) un polynôme non nul et de degré inférieur ou égal à \(n-1\). On note \(Q(f)\) l’endomorphisme de \(\mathbb{R}^n\) défini par : \(Q(f) = \alpha_0\, \mathrm{Id} + \alpha_1 f + \cdots + \alpha_{n-1} f^{n-1}\).
Calculer \(Q(f)(e_1)\).
En déduire qu’il n’existe pas de polynôme non nul, de degré inférieur ou égal à \(n-1\) et annulateur de \(f\).
Soit \(\lambda\) une racine du polynôme \(P\). Il existe donc un polynôme \(R\) tel que : \(P= \left( X- \lambda \right) R\).
Vérifier que : \[(f- \lambda \,\mathrm{Id}) \circ R(f) = 0\]
Conclure que toutes les racines de \(P\) sont des valeurs propres de \(C\).
Montrer que, pour tout nombre réel \(x\), la matrice \(C-x\, \mathrm{I}_n\) est de rang supérieur ou égal à \(n-1\).
En déduire que les sous-espaces propres de \(C\) sont tous de dimension \(1\).
En déduire que \(C\) est diagonalisable si et seulement si \(P\) admet \(n\) racines deux à deux distinctes.
Montrer que la matrice \(A_1= \begin{pmatrix} 0 & 0 & 0 & 0\\ 1 & 0 & 0 & -2 \\ 0 & 1 & 0 & 1\\ 0 & 0 & 1 & 2 \end{pmatrix}\) est diagonalisable.
Montrer que la matrice \(A_2=\begin{pmatrix} 0 & 0 & 0 & 4\\ 1 & 0 & 0 & -8\\ 0 & 1 & 0 & 3\\ 0 & 0 & 1 & 2 \end{pmatrix}\) n’est pas diagonalisable.
On note \(B= {}^t\!\, C\) la matrice transposée de \(C\).
Montrer que, pour tout nombre réel \(t\), la matrice \(B-t \, \mathrm{I}_n\) est inversible si et seulement si la matrice \(C- t\, \mathrm{I}_n\) est inversible.
En déduire que les matrices \(B\) et \(C\) ont les mêmes valeurs propres.
Soit \(\lambda\) une valeur propre de \(B\). Déterminer une base du sous-espace propre de \(B\) associé à \(\lambda\).
On suppose que le polynôme \(P\) admet \(n\) racines deux à deux distinctes \(\lambda_1,\dots,\lambda_n\). Montrer que \(B\) est diagonalisable et en déduire que la matrice \[V = \begin{pmatrix} 1 & 1 & & \cdots & 1\\ \lambda_1 & \lambda_2 & & \cdots & \lambda_n \\ \lambda_1^2 & \lambda_2^2 & & \cdots & \lambda_n^2 \\ \vdots & \vdots & & & \vdots \\ \lambda_1^{n-1} & \lambda_2^{n-1} & & \cdots & \lambda_n^{n-1} \\ \end{pmatrix}\] est inversible.
Soit \(E\) un \(\mathbb{R}\)-espace vectoriel de dimension \(n\) et \(u\) un endomorphisme de \(E\) admettant \(n\) valeurs propres \(\mu_1,\dots,\mu_n\) deux à deux distinctes.
L’endomorphisme \(u\) est donc diagonalisable et on note \(\mathcal{E}=(e_1,\dots,e_n)\) une base de \(E\) constituée de vecteurs propres de \(u\) respectivement associés à \(\mu_1,\dots,\mu_n\).
Soit \(a=\varepsilon_1+ \varepsilon_2 + \cdots + \varepsilon_n\). Montrer que la famille \(\mathcal{B}_a= (a,u(a),\dots,u^{n-1}(a))\) est une base de \(E\).
Montrer qu’il existe un polynôme \(P_1 (X) = X^n + b_{n-1}X^{n-1} + \cdots + b_1X + b_0\) tel que la matrice associée à \(u\) dans la base \(\mathcal{B}_a\) soit la matrice compagnon du polynôme \(P_1\).
Le corrigé pas à pas, les aides et les explications sont disponibles dans la plateforme.
Un sujet très complet d'algèbre et d'analyse.
À part l'algèbre bilinéaire, tout y passe.
Un bon sujet de révision.