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ECRICOME 2009Maths approfondies

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ÉcoleECRICOME
Année2009
OptionECS
Thème principalAlgèbre, Analyse, Probabilités
ChapitresCalcul matriciel, Espaces vectoriels, Applications linéaires, Diagonalisation, Algèbre bilinéaire, Fonctions, Calcul intégral, Intégrales impropres, Espaces probabilisés, Variables aléatoires discrètes, Vecteurs aléatoires discrets, Informatique

Exercice 1

\(\mathcal{M}_n(\mathbb{R})\) désigne l’ensemble des matrices carrées d’ordre \(n\) à coefficients réels.

Pour tout élément \(A=(a_{i,j})_{1\leqslant i,j \leqslant n}\) de \(\mathcal{M}_n(\mathbb{R})\), on appelle « trace de \(A\) », et on note \(\mathrm{Tr}(A)\), la somme des éléments diagonaux, c’est-à-dire : \[\mathrm{Tr}(A)= \sum_{i=1}^n a_{i,i}\]

On rappelle que \(\mathrm{Tr}\) est une application linéaire de \(\mathcal{M}_n(\mathbb{R})\) dans \(\mathbb{R}\) et que : \[\forall A\in \mathcal{M}_n(\mathbb{R}), \ \forall B\in \mathcal{M}_n(\mathbb{R}), \ \mathrm{Tr}(AB) = \mathrm{Tr}(BA)\]

Pour toutes matrices \(M=(m_{i,j})_{1\leqslant i,j\leqslant n}\) et \(N=(n_{i,j})_{1\leqslant i,j\leqslant n}\) de \(\mathcal{M}_n(\mathbb{R})\), on pose : \[\left \langle M \,\vert \, N \right \rangle = \mathrm{Tr}({}^t\!MN) = \sum_{i=1}^n \sum_{j=1}^n m_{i,j}n_{i,j}\]

Soit \(A\) une matrice symétrique. On considère :

  • l’application \(\Phi_A\) de \(\mathcal{M}_n(\mathbb{R})\) dans \(\mathcal{M}_n(\mathbb{R})\) définie par : \(\forall M\in \mathcal{M}_n(\mathbb{R}),\ M\mapsto AM-MA\),

  • l’ensemble \(\mathrm{Sp}(A)\) formé des valeurs propres de \(A\),

  • l’ensemble \(\mathrm{Sp}(\Phi_A)\) formé des valeurs propres de \(\Phi_A\),

  • l’ensemble \(\Gamma = \left\lbrace \lambda - \mu, \, (\lambda,\mu) \in \left( \mathrm{Sp}(A) \right)^2 \right\rbrace\) formé des différences de deux valeurs propres quelconques de \(A\).

Le but de cet exercice est d’établir que les deux propriétés suivantes sont valables pour toutes matrice symétrique à coefficients réels \(A\) :

  • \(\Phi_A\) est un endomorphisme diagonalisable,

  • les valeurs propres de \(\Phi_A\) forment l’ensemble \(\Gamma\), c’est-à-dire que : \(\mathrm{Sp}(\Phi_A) = \Gamma\).

Partie I : Étude d’un cas particulier

Dans cette partie uniquement, on suppose que \(n=2\), \(A=\begin{pmatrix} 1 & 1 \\1 & 1 \end{pmatrix}\) et on admet les deux propriétés suivantes :

  • \(\Phi_A\) est un endomorphisme de \(\mathcal{M}_2(\mathbb{R})\),

  • la famille \((V_1,V_2,V_3,V_4)\) est une base de \(\mathcal{M}_2(\mathbb{R})\), où l’on a posé : \[V_1=\begin{pmatrix} 1 & 0 \\0 & 0 \end{pmatrix},\quad V_2=\begin{pmatrix} 0 & 1\\ 0 & 0 \end{pmatrix},\quad V_3=\begin{pmatrix} 0 & 0\\ 1 & 0 \end{pmatrix} \quad\text{et}\quad V_4=\begin{pmatrix} 0 & 0\\0 & 1 \end{pmatrix}\]

  1. Justifier que la matrice \(T\) de l’endomorphisme \(\Phi_A\) dans la base \((V_1,V_2,V_3,V_4)\) s’écrit : \[T=\begin{pmatrix} 0 & -1 & 1 & 0\\ -1 & 0 & 0 & 1\\ 1 & 0 & 0 & -1\\ 0 & 1 & -1 & 0 \end{pmatrix}\] En déduire la diagonalisabilité de \(T\).

  2. Vérifier que \(T^3=4T\). Qu’en déduit-on sur les valeurs propres de \(T\) ?

  3. Déterminer une base de l’espace propre associé à \(0\) de la matrice \(T\).

  4. Calculer \(TX_1\) et \(TX_2\)\(X_1=\begin{pmatrix} 1\\-1\\1\\-1 \end{pmatrix}\) et \(X_2=\begin{pmatrix} 1\\ 1 \\ -1 \\-1 \end{pmatrix}\).

  5. Expliciter alors une matrice inversible \(P\) et une matrice diagonale \(D\) telles que \(T=PDP^{-1}\) (on ne demande pas le calcul de \(P^{-1}\)).

Partie II : Réduction de \(\Phi_A\) dans le cas général

On revient désormais au cas général, \(A\) étant une matrice symétrique quelconque de \(\mathcal{M}_n(\mathbb{R})\).

  1. Montrer que \(\Phi_A\) est un endomorphisme de \(\mathcal{M}_n(\mathbb{R})\).

  2. Prouver que l’application \((M,N) \in \left( \mathcal{M}_n(\mathbb{R}) \right)^2 \mapsto \left \langle M \,\vert \, N \right \rangle\) définit un produit scalaire sur \(\mathcal{M}_n(\mathbb{R})\).

  3. Établir que, pour toutes matrices \(M,N\) appartenant à \(\mathcal{M}_n(\mathbb{R})\), on a : \[\left \langle \Phi_A(M) \,\vert \, N \right \rangle = \left \langle M \,\vert \, \Phi_A(N) \right \rangle.\] En déduire que \(\Phi_A\) est un endomorphisme diagonalisable.

  4. Soit \((\lambda,\mu)\) un couple d’éléments de \(\mathrm{Sp}(A)\), \(X\) un vecteur propre de \(A\) associé à la valeur propre \(\lambda\) et \(Y\) un vecteur propre de \(A\) associé à la valeur propre \(\mu\). On pose alors : \[M_{X,Y} = X \, {}^t\!\, Y \in \mathcal{M}_n(\mathbb{R})\]

    1. Justifier que \(M_{X,Y}\neq 0\) puis que : \({}^t\!\, YA= \mu \, {}^t\!\, Y\).

    2. Établir que : \(\Phi_A(M_{X,Y}) = \left( \lambda - \mu \right) M_{X,Y}\) puis que : \(\Gamma \subset \mathrm{Sp}(\Phi_A)\).

  5. Soient \(\alpha\) une valeur propre de \(\Phi_A\) et \(M\) un vecteur propre associé.

    1. On suppose que, pour tout vecteur propre \(Z\) de \(A\), on a : \(MZ=0\).

      Montrer que \(M=0\).

      En déduire qu’il existe au moins un vecteur propre \(Z_0\) de \(A\) tel que \(MZ_0\neq 0\). On note \(\mu\) la valeur propre de \(A\) associée à \(Z_0\).

    2. En revenant à l’expression de \(\Phi_A(M)\), justifier que \(MZ_0\) est un vecteur propre de \(A\) pour une valeur propre dont on précisera une expression en fonction de \(\alpha\) et \(\mu\).

    3. Conclure.

Exercice 2

Le but de l’exercice est l’étude de la fonction \(\displaystyle f: x\mapsto \int_0^{+\infty}\mathrm{e}^{-2t} \sqrt{1+x^2 \mathrm{e}^{2t}}\,\mathrm{d}t\).

    1. Rappeler les valeurs du réel \(a\) telles que l’intégrale \(\displaystyle\int_0^{+\infty}\mathrm{e}^{-at}\,\mathrm{d}t\) soit convergente et donner, dans ce cas, sa valeur.

    2. Soit \(x\) un réel fixé. Établir la convergence de l’intégrale \(\displaystyle\int_0^{+\infty}\mathrm{e}^{-2t} \sqrt{1+x^2 \mathrm{e}^{2t}}\,\mathrm{d}t\).

      Par conséquent, la fonction \(f\) est bien définie sur \(\mathbb{R}\) et elle est clairement paire. On va donc l’étudier sur \(\mathbb{R}^+\).

    1. Justifier l’encadrement suivant : \[\forall x\in\mathbb{R}_+^\ast,\ \forall t\in\mathbb{R}^+,\ x \, \mathrm{e}^t \leqslant \sqrt{1+x^2 \mathrm{e}^{2t}} \leqslant x \, \mathrm{e}^t + \frac{\mathrm{e}^{-t}}{2x}\]

    2. Prouver que : \[\forall x\in\mathbb{R}_+^\ast,\ x \leqslant f(x) \leqslant x+ \frac{1}{6x}\]

    3. Préciser alors la nature de la branche infinie de la courbe représentative de \(f\) au voisinage de \({+\infty}\).

    1. À l’aide du changement de variable \(u=x\,\mathrm{e}^t\), que l’on justifiera, prouver la formule suivante : \[\forall x\in\mathbb{R}_+^\ast,\ f(x) = x^2 \int_x^{+\infty}\frac{\sqrt{1+u^2}}{u^3}\,\mathrm{d}u\]

    2. Montrer que la fonction \(f\) est de classe \(\mathcal{C}^1\) sur \(\mathbb{R}_+^\ast\) et que : \[\forall x\in\mathbb{R}_+^\ast,\ f'(x) = \frac{2f(x) - \sqrt{1+x^2}}{x}\]

    3. Justifier : \[\forall x\in\mathbb{R}_+^\ast,\ 2f(x) = \sqrt{1+x^2} + x^2 \int_x^{+\infty}\frac{\mathrm{d}u}{u \sqrt{1+u^2}}\]

      En déduire que \(f\) est strictement croissante sur \(\mathbb{R}_+^\ast\).

    1. Prouver que : \[\forall x\in\mathbb{R}_+^\ast,\ \int_x^{+\infty}\frac{\mathrm{d}u}{u \sqrt{1+u^2}} = - \frac{\ln(x)}{\sqrt{1+x^2}} + \int_x^{+\infty}\frac{u \ln(u)}{(1+u^2)^{3/2}}\,\mathrm{d}u\] et que l’intégrale \(\displaystyle\int_0^{+\infty}\frac{u \ln(u)}{(1+u^2)^{3/2}}\,\mathrm{d}u\) est convergente.

    2. À l’aide des questions précédentes, démontrer que : \[f'(x) \;\underset{x\to 0^+}{\sim}\; -x\ln(x) \quad\text{et}\quad f(x) - \frac{1}{2} \;\underset{x\to 0^+}{\sim}\; - \frac{x^2 \ln(x)}{2}\]

    3. En déduire que \(f\) est de classe \(\mathcal{C}^1\) sur \(\mathbb{R}^+\) et préciser la valeur de \(f'(0)\).

Problème

Dans tout le problème, \(a\) et \(b\) désignent des entiers naturels non nuls et on note \(N=a+b\).

On considère une urne contenant initialement \(a\) boules blanches et \(b\) boules noires, dans laquelle on effectue des tirages successifs au hasard en procédant de la façon suivante :

  • lorsque la boule tirée est blanche, elle est remise dans l’urne avant de procéder au tirage suivant,

  • lorsque la boule tirée est noire, elle n’est pas remise dans l’urne et l’on rajoute une boule blanche dans l’urne avant de procéder au tirage suivant.

Partie I

Soit \((\Omega,\mathcal{A},\mathbb{P})\) un espace probabilisé et \(Y: \Omega \to \mathbb{R}\) la variable aléatoire égale au nombre de tirages nécessaires à l’obtention de la première boule blanche.

  1. Préciser soigneusement l’ensemble des valeurs prises par la variable \(Y\).

  2. Pour tout entier \(k\) compris entre \(1\) et \(b+1\), calculer la valeur de la probabilité \(\mathbb{P}(Y=k)\).

  3. Vérifier que : \[\mathbb{P}(Y=b+1) = \frac{b!}{N^b}\] et que, pour tout entier \(k\) compris entre \(1\) et \(b\), la formule suivante est vraie : \[\forall k\in\left[\kern-0.15em\left[ {1,b} \right]\kern-0.15em\right],\ \mathbb{P}(Y=k)=\frac{b!}{(b-(k-1))!\,N^{k-1}} - \frac{b!}{(b-k)!\,N^k}\]

  4. Soit \(M\) un entier naturel non nul et \(a_0,a_1,\dots,a_M\) une famille de réels. Établir que : \[\sum_{k=1}^M k \left( a_{k-1} - a_k \right) = \sum_{k=0}^{M-1} a_k - Ma_M\]

  5. En déduire que : \(\displaystyle\mathbb{E}(Y) = \sum_{k=0}^b \frac{b!}{(b-k)!\,N^k}\).

Partie II

Dans cette partie, on note :

  • pour tout \(n\geqslant 1\), \(q_n\) la probabilité de l’événement, noté \(N_n\) : « la \(n\)-ième boule tirée est noire »,

  • pour tout entier \(n\geqslant 0\), \(X_n\) la variable aléatoire égale au nombre de boules noires obtenues au cours des \(n\) premiers tirages ; par convention, \(X_0=0\),

  • pour tous entiers \(n\geqslant 0\) et \(k\geqslant 0\), \(p_{n,k}\) la probabilité de l’événement « au cours des \(n\) premiers tirages, on a obtenu exactement \(k\) boules noires ».

On remarquera que \(p_{0,0}=1\) et que \(p_{n,k} = 0\) si \(k>n\) ou si \(k>b\).

  1. Soit \(n\in\mathbb{N}\). Calculer \(p_{n,0}\) puis \(p_{n,n}\). Que vaut la somme \(\displaystyle \sum_{k=0}^n p_{n,k}\) ?

  2. Prouver que : \[\forall (n,k)\in\mathbb{N}^\ast,\ Np_{n,k} = \left( a+k \right) p_{n-1,k} + \left( b+1-k \right) p_{n-1,k-1} \tag{1}\]

    1. En utilisant l’égalité (1), démontrer que, pour tout \(n\geqslant 1\) : \[N\, \mathbb{E}(X_n) = \sum_{k=0}^{n-1} \left[ b+k\left(N-1\right) \right] p_{n-1,k}\] puis justifier que : \[\mathbb{E}(X_n)=\left(1-\frac{1}{N}\right) \mathbb{E}(X_{n-1}) + \frac{b}{N}\]

    2. À l’aide de la formule ci-dessus, écrire une fonction en langage Python fournissant le calcul de \(\mathbb{E}(X_{2009})\) lorsque \(b=10\) et \(N=100\).

    3. Prouver finalement que, pour tout entier naturel \(n\) : \[\mathbb{E}(X_n) = b \left[ 1- \left( 1- \frac{1}{N} \right) ^n \right]\]

    1. À l’aide de la formule des probabilités totales, démontrer que : \[\forall n \in \mathbb{N}^\ast,\ N q_{n+1} = \sum_{k=0}^{n} \left( b-k \right) p_{n,k}\]

    2. Pour tout \(n\in\mathbb{N}\), exprimer alors \(q_{n+1}\) en fonction de \(\mathbb{E}(X_n)\) et en déduire l’expression de \(q_{n+1}\) en fonction de \(n,N\) et \(b\).

  3. On introduit la suite \((u_n)_{n\geqslant 0}\) définie par : \[\forall n \in \mathbb{N},\ u_n = \mathbb{E}( X_n \left( X_n -1 \right))\]

    1. À l’aide de la formule (1), montrer que l’on a : \[Nu_n = \sum_{k=1}^{n-1} \left[ k \left( k-1 \right) (a+b-2) + 2 \left( b-1 \right) k \right] p_{n-1,k}\]

    2. En déduire que la suite \((u_n)_{n\geqslant 0}\) satisfait à la relation de récurrence suivante : \[\forall n \in \mathbb{N}^\ast,\ u_n = \left( 1- \frac{2}{N} \right) u_{n-1} + \frac{2b \left( b-1 \right)}{N} \left[ 1- \left( 1- \frac{1}{N} \right)^{n-1} \right]\]

    3. À l’aide d’une récurrence, démontrer que la formule suivante est valable pour tout entier naturel \(n\) : \[u_n = b \left( b-1 \right) \left[ 1+ \left( 1- \frac{2}{N} \right)^n -2\left( 1- \frac{1}{N} \right)^{n} \right]\]

    4. Donner alors la valeur de \(\mathbb{V}(X_n)\) puis sa limite lorsque \(n\) tend vers \({+\infty}\).

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