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E3A 2026 MathsMPI

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ÉcoleE3A
Année2026
ÉpreuveMaths
OptionMPI
Thème principalAlgèbre, Analyse, Probabilités
ChapitresSuites et séries de fonctions, Calcul différentiel et optimisation, Réduction des endomorphismes et des matrices carrées, Endomorphismes d'un espace euclidien, Familles sommables, Séries entières, Dérivabilité et convexité, Variables aléatoires sur un univers fini
Commentaire

Trois exercices indépendants et très guidés : minimisation de l'espérance du nombre de résultats non obtenus en n épreuves (hessienne, puis convexité et inégalité de Jensen), étude des séries de fonctions Eₖ(x) = Σ 1/(x + n)ᵏ jusqu'à leur développement à l'aide des ζ(2s), puis réduction d'une matrice symétrique de rang 2 dans ℝ et dans ℂ.

Les théorèmes de dérivation terme à terme et de Fubini, cités avec leurs hypothèses, font la différence.

Durée de l’épreuve : 4 heures. Les calculatrices sont interdites.

Sujet du concours e3a-Polytech 2026.

N.B. : le candidat attachera la plus grande importance à la clarté, à la précision et à la concision de la rédaction. Si un candidat est amené à repérer ce qui peut lui sembler être une erreur d’énoncé, il le signalera sur sa copie et devra poursuivre sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu’il a été amené à prendre.

Le sujet est composé de trois exercices indépendants.

EXERCICE 1

Questions préliminaires

Soit \(n\) un entier naturel supérieur ou égal à 2.

  1. Vérifier que \(\varphi : t\mapsto t^n\) est une fonction convexe sur \(\left]0,1\right[\).

  2. Écrire l’inégalité de convexité de Jensen pour cette fonction.

  3. Soient \(p\) un entier naturel supérieur ou égal à 2 et \(J\) la matrice de \(\mathcal{M}_p(\mathbb{R})\) dont tous les coefficients sont égaux à 1. On note \(I_p\) la matrice identité de \(\mathcal{M}_p(\mathbb{R})\).

    1. Déterminer un polynôme annulateur de \(J\) de degré 2.

    2. En déduire les valeurs propres possibles de \(I_p+J\).

    3. Justifier alors que la matrice \(I_p+J\) appartient à \(\mathcal{S}_p^{++}(\mathbb{R})\), c’est-à-dire que \(I_p+J\) est une matrice symétrique réelle définie positive.

\(\ast\) \(\ast\) \(\ast\) \(\ast\) \(\ast\)

Soient \(n\) et \(r\) deux entiers naturels avec \(n\geqslant2\) et \(r\geqslant3\).

On considère une épreuve aléatoire pouvant aboutir à \(r\) résultats différents \(\left(\alpha_j\right)_{j\in\left[\kern-0.15em\left[ {1,r} \right]\kern-0.15em\right]}\) de probabilités respectives \(\left(x_j\right)_{j\in\left[\kern-0.15em\left[ {1,r} \right]\kern-0.15em\right]}\) avec : \(\forall j\in\left[\kern-0.15em\left[ {1,r} \right]\kern-0.15em\right],\ x_j\in\left]0,1\right[\).

On effectue \(n\) épreuves indépendantes du type de celle décrite au-dessus, ce qui définit un espace probabilisé \((\Omega,\mathscr{A},\mathbb{P})\).

Pour tout \(j\in\left[\kern-0.15em\left[ {1,r} \right]\kern-0.15em\right]\), on note \(X_j\) la variable aléatoire telle que \(X_j(\Omega)=\{0,1\}\), et pour tout \(\omega\in\Omega\) :

  • \(X_j(\omega)=0\) si \(\alpha_j\) est obtenu au moins une fois à l’issue de ces \(n\) épreuves,

  • \(X_j(\omega)=1\) sinon, c’est-à-dire si \(\alpha_j\) n’est jamais obtenu.

Enfin, on désigne par \(X\) la variable aléatoire égale au nombre de résultats qui n’ont pas été obtenus à l’issue des \(n\) épreuves.

  1. Une expression de l’espérance de \(X\)

    1. Soit \(j\in\left[\kern-0.15em\left[ {1,r} \right]\kern-0.15em\right]\). Déterminer la loi de \(X_j\).

    2. Exprimer la variable aléatoire \(X\) à l’aide des variables \(\left(X_j\right)_{j\in\left[\kern-0.15em\left[ {1,r} \right]\kern-0.15em\right]}\).

    3. Démontrer alors que l’espérance de la variable aléatoire \(X\) est : \(\mathbb{E}(X)=\displaystyle\sum_{j=1}^r\left(1-x_j\right)^n\).

  2. La suite de l’exercice consiste à rechercher les valeurs des réels \(x_j\) pour lesquelles l’espérance \(\mathbb{E}(X)\) est minimale.

    Cela revient à dire que l’on cherche un minimum pour la fonction \(f : (x_1,\dots,x_r)\in\mathbb{R}^r\mapsto\displaystyle\sum_{j=1}^r\left(1-x_j\right)^n\) sous la contrainte : \[\forall k\in\left[\kern-0.15em\left[ {1,r} \right]\kern-0.15em\right],\ x_k>0 \qquad\text{et}\qquad \sum_{j=1}^rx_j=1\]

    On pose \(U=\left\{(x_1,\dots,x_{r-1})\in\mathbb{R}^{r-1},\ \forall k\in\left[\kern-0.15em\left[ {1,r-1} \right]\kern-0.15em\right],\ x_k>0\ \text{ et }\ \displaystyle\sum_{j=1}^{r-1}x_j<1\right\}\).

    1. Représenter graphiquement \(U\) dans le plan, c’est-à-dire dans le cas où \(r=3\).

    2. Justifier que \(U\) est un ouvert borné de \(\mathbb{R}^{r-1}\).

    3. Déterminer une fonction \(h\), définie sur \(U\), des \(r-1\) variables \(\left(x_j\right)_{j\in\left[\kern-0.15em\left[ {1,r-1} \right]\kern-0.15em\right]}\), telle que : \[h(x_1,...,x_{r-1})=\mathbb{E}(X)\]

    4. Prouver que \(h\) est de classe \(\mathcal{C}^2\) sur \(U\).

    5. Recherche des points critiques de \(h\)

      1. Soient \(j\in\left[\kern-0.15em\left[ {1,r-1} \right]\kern-0.15em\right]\) et \(m=(x_1,...,x_{r-1})\in U\).

        Déterminer la \(j\)-ième coordonnée du vecteur gradient de la fonction \(h\) en \(m\) .

      2. Déterminer l’unique point critique \(b\) de \(h\) sur \(U\).

    6. Conclusion

      1. Écrire la matrice Hessienne de \(h\) en \(b\).

      2. Démontrer alors que : \[\mathbb{E}(X)\text{ admet un minimum local pour }x_1=\cdots=x_r=\frac{1}{r}\]

        On pourra utiliser une question préliminaire.

      3. En utilisant la convexité de la fonction \(\varphi\) définie dans la question préliminaire, démontrer que : \[\mathbb{E}(X)\text{ est minimale si, et seulement si, }x_1=\cdots=x_r=\frac{1}{r}\]

EXERCICE 2

Question de cours

  1. Rappeler, sans démonstration, les valeurs de \(x\in\mathbb{R}\) pour lesquelles la série \(\displaystyle\sum_{n\geqslant1}\frac{1}{n^x}\) converge.

    Lorsqu’il y a convergence, on note \(\zeta(x)\) sa somme.

  2. Rappeler, sans démonstration, la somme et l’intervalle de convergence de la série entière \(\displaystyle\sum_{n\geqslant0}t^n\).

\(\ast\) \(\ast\) \(\ast\) \(\ast\) \(\ast\)

On rappelle que si \(f\) est une fonction infiniment dérivable sur une partie \(I\) de \(\mathbb{R}\), alors, pour tout entier naturel \(p\), \(f^{(p)}\) désigne la dérivée d’ordre \(p\) de la fonction \(f\) avec la convention \(f^{(0)}=f\).

Pour tout \(k\in\mathbb{N}^\ast\) et tout \(x\in\mathbb{R}\setminus\mathbb{Z}\), on note, lorsque cela existe : \[E_1(x)=\frac{1}{x}+\sum_{n=1}^{+\infty}\left(\frac{1}{x-n}+\frac{1}{x+n}\right)\quad\text{et, pour }k\geqslant2,\ E_k(x)=\frac{1}{x^k}+\sum_{n=1}^{+\infty}\frac{1}{(x-n)^k}+\sum_{n=1}^{+\infty}\frac{1}{(x+n)^k}\]

  1. Justifier l’existence de \(E_1(x)\) pour tout \(x\in\mathbb{R}\setminus\mathbb{Z}\).

  2. Soient \(x\in\mathbb{R}\setminus\mathbb{Z}\) et \(k\) un entier naturel supérieur ou égal à 2.

    1. Étudier la nature des séries \(\displaystyle\sum_{n\geqslant1}\frac{1}{(x-n)^k}\) et \(\displaystyle\sum_{n\geqslant1}\frac{1}{(x+n)^k}\).

    2. En déduire l’existence de \(E_k(x)\) pour tout \(k\geqslant2\).

  3. Soit \(k\in\mathbb{N}^\ast\).

    1. Démontrer que la fonction \(E_k\) est 1-périodique.

    2. Étudier la parité de la fonction \(E_k\).

  4. Une relation de récurrence

    1. Prouver que pour tout \(k\in\mathbb{N}^\ast\), la fonction \(E_k\) est dérivable sur \(\mathbb{R}\setminus\mathbb{Z}\) et que l’on a : \[\forall x\in\mathbb{R}\setminus\mathbb{Z},\ E_k'(x)=-k\,E_{k+1}(x)\]

    2. En déduire que pour tout \(k\in\mathbb{N}^\ast\), la fonction \(E_k\) est de classe \(\mathcal{C}^\infty\) sur \(\mathbb{R}\setminus\mathbb{Z}\) et que : \[E_k=\frac{(-1)^{k-1}}{(k-1)\,!}\,E_1^{(k-1)}\]

  5. Montrer que pour tout \(x\) de \(\left]-1,1\right[\) et pour tout entier naturel non nul \(n\), la série \(\displaystyle\sum_{k\geqslant0}\frac{x^k}{n^{k+1}}\) converge et calculer sa somme.

  6. Établir que pour tout \(x\in\left]-1,1\right[\), on a : \[\sum_{n=1}^{+\infty}\left(\frac{1}{n-x}-\frac{1}{n+x}\right)=\sum_{n=1}^{+\infty}\sum_{s=1}^{+\infty}\frac{2}{n^{2s}}\,x^{2s-1}\]

  7. Montrer que pour tout \(x\) non nul de \(\left]-1,1\right[\), on a : \[E_1(x)=\frac{1}{x}-2\sum_{s=1}^{+\infty}\zeta(2s)\,x^{2s-1}\]

    Le théorème utilisé sera cité avec précision en vérifiant ses hypothèses avec soin.

  8. En déduire que \(\forall k\in\mathbb{N}^\ast\), \(\forall x\in\left]-1,1\right[\), \(x\neq0\), \[E_k(x)=\frac{1}{x^k}+2(-1)^k\sum_{s=1}^{+\infty}\binom{2s-1}{k-1}\zeta(2s)\,x^{2s-k}\] avec la convention \(\dbinom{m}{p}=0\) si \(p>m\).

EXERCICE 3

Dans cet exercice, le corps \(\mathbb{K}\) désigne \(\mathbb{R}\) ou \(\mathbb{C}\). Soit \(n\) un entier naturel supérieur ou égal à 3.

À tout \(n\)-uplet \((a_1,\dots,a_n)\) de \(\mathbb{K}^\ast\times\mathbb{K}^{n-1}\), c’est-à-dire que \(a_1\neq0\), on associe la matrice : \[M=\begin{pmatrix} 0 & 0 & \cdots & 0 & a_1\\ 0 & 0 & \cdots & 0 & a_2\\ \vdots & \vdots & & \vdots & \vdots\\ 0 & 0 & \cdots & 0 & a_{n-1}\\ a_1 & a_2 & \cdots & a_{n-1} & a_n \end{pmatrix}\in\mathcal{M}_n(\mathbb{K})\]

  1. Dans cette question \(\mathbb{K}=\mathbb{R}\)

    1. Justifier que \(M\) est diagonalisable.

    2. Déterminer le rang de la matrice \(M\).

    3. Justifier que 0 est valeur propre et donner son ordre de multiplicité.

    4. Démontrer alors que la matrice \(M\) possède deux valeurs propres non nulles (éventuellement égales) que l’on notera \(\lambda_1\) et \(\lambda_2\).

    5. Déterminer une base du sous-espace propre associé à la valeur propre 0.

    6. Soit \(\lambda\) un réel non nul.

      En résolvant le système \(MX=\lambda X\) où \(X\) est un vecteur non nul de \(\mathbb{R}^n\), montrer que \(\lambda_1\) et \(\lambda_2\) sont solutions de l’équation : \[\lambda^2-\lambda\,a_n-\sum_{j=1}^{n-1}a_j^2=0\]

    7. Déterminer une base des sous-espaces propres de \(M\) associés à \(\lambda_1\) et \(\lambda_2\).

    8. Expliciter une matrice inversible \(P\) telle que \(P^{-1}MP\) est diagonale.

      On précisera la matrice diagonale obtenue.

  2. Étude du cas \(\mathbb{K}=\mathbb{C}\)

    1. Montrer que : \[M\text{ \textbf{n'est pas} diagonalisable si, et seulement si, } \left\{\begin{array}{l} \displaystyle\sum_{j=1}^{n-1}a_j^2=0\\[2ex] \text{ou}\\[1ex] a_n^2+4\displaystyle\sum_{j=1}^{n-1}a_j^2=0 \end{array}\right.\]

    2. Donner un exemple de matrice \(M\) non diagonalisable dans le cas où \(n=3\).

Fin

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