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Centrale-Supélec 2023 Maths 1PSI

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ÉcoleCentrale-Supélec
Année2023
ÉpreuveMaths 1
OptionPSI
Thème principalAlgèbre
ChapitresRéduction des endomorphismes et des matrices carrées, Compléments d'algèbre linéaire, Matrices et applications linéaires, Applications linéaires, Calcul matriciel et systèmes linéaires, Groupe symétrique et déterminants
Commentaire

Un long problème d'algèbre linéaire sur les endomorphismes de ℳₙ(ℝ) qui conservent une propriété : multiplication à gauche (même spectre et même diagonalisabilité que A), applications M ↦ PMQ et M ↦ PMᵀQ, matrices de rang r, puis caractérisation complète en taille 2 des endomorphismes conservant le rang, et en taille n de ceux qui conservent le déterminant ou le polynôme caractéristique.

Les calculs matriciels par blocs de la partie IV sont exigeants.

Durée : 4 heures. Calculatrice autorisée.

Sujet du concours Centrale-Supélec 2023.

Notations et rappels

Dans tout le problème, \(n\) est un entier naturel non nul. On identifie un vecteur de \(\mathbb{R}^n\) et la matrice colonne à \(n\) lignes formée de ses coordonnées dans la base canonique de \(\mathbb{R}^n\). L’élément nul de \(\mathbb{R}^n\) est noté \(0_{\mathbb{R}^n}\).

L’ensemble des matrices carrées d’ordre \(n\) à coefficients réels est noté \(\mathcal{M}_n(\mathbb{R})\) et l’ensemble des matrices inversibles d’ordre \(n\) est noté \(\mathrm{GL}_n(\mathbb{R})\). On désigne par \(I_n\) la matrice identité d’ordre \(n\) et par \(0_n\) la matrice nulle d’ordre \(n\).

Pour toute matrice \(M\) de \(\mathcal{M}_n(\mathbb{R})\), on appelle image de \(M\), notée \(\mathrm{Im}\,M\) l’image de l’endomorphisme de \(\mathbb{R}^n\) canoniquement associé à \(M\) et on appelle noyau de \(M\), noté \(\ker M\), le noyau de cet endomorphisme.

Pour toute matrice \(M\) de \(\mathcal{M}_n(\mathbb{R})\), on note \(M^{\top}\) sa transposée, \(\det(M)\) son déterminant, \(\mathrm{rg}(M)\) son rang, \(\mathrm{tr}(M)\) sa trace, \(\chi_M\) son polynôme caractéristique et \(\mathrm{Sp}_{\mathbb{C}}(M)\) l’ensemble de ses valeurs propres complexes. On rappelle que \(M\) et \(M^{\top}\) ont le même rang et le même déterminant.

On note \(\mathcal{T}\) la transposition dans \(\mathcal{M}_n(\mathbb{R})\), c’est-à-dire l’application qui à toute matrice \(M\) associe \(M^{\top}\).

Si \(\mathcal{B}=(e_1,\dots,e_n)\) et \(\mathcal{B}'=(e'_1,\dots,e'_n)\) sont deux bases de \(\mathbb{R}^n\) et si \(f\) est un endomorphisme de \(\mathbb{R}^n\), on note \(\mathrm{M}_{\mathcal{B},\mathcal{B}'}(f)\) la matrice dont, pour tout entier \(j\in\left[\kern-0.15em\left[ {1,n} \right]\kern-0.15em\right]\), la \(j\)-ième colonne est formée des coordonnées du vecteur \(f(e_j)\) dans la base \(\mathcal{B}'\).

Lorsque \(\mathcal{B}=\mathcal{B}'\), on simplifie la notation \(\mathrm{M}_{\mathcal{B},\mathcal{B}}(f)\) en \(\mathrm{M}_{\mathcal{B}}(f)\) qui désigne la matrice, dans la base \(\mathcal{B}\), de l’endomorphisme \(f\). On définit la suite des puissances de \(f\) en posant \[\begin{cases} f^0=\operatorname{Id}_{\mathbb{R}^n}\\ \forall k\in\mathbb{N},\ f^{k+1}=f\circ f^k \end{cases}\]

Si \(\Pi=\displaystyle\sum_{k=0}^pa_kX^k\) est un polynôme de \(\mathbb{R}[X]\), on rappelle que \(\Pi(f)=\displaystyle\sum_{k=0}^pa_kf^k\).

Lorsque \(M_1,\dots,M_k\) désignent des matrices carrées d’ordres respectifs \(n_1,\dots,n_k\), on note \(\mathrm{diag}(M_1,\dots,M_k)\) la matrice carrée d’ordre \(n_1+\dots+n_k\), diagonale par blocs, égale à \[\begin{pmatrix} M_1 & 0 & \cdots & 0\\ 0 & M_2 & & \vdots\\ \vdots & & \ddots & 0\\ 0 & \cdots & 0 & M_k \end{pmatrix}\]

On dit qu’un endomorphisme \(\Phi\) de \(\mathcal{M}_n(\mathbb{R})\)

  • conserve le rang si \(\forall M\in\mathcal{M}_n(\mathbb{R})\), \(\mathrm{rg}\big(\Phi(M)\big)=\mathrm{rg}(M)\) ;

  • conserve le déterminant si \(\forall M\in\mathcal{M}_n(\mathbb{R})\), \(\det\big(\Phi(M)\big)=\det(M)\) ;

  • conserve la trace si \(\forall M\in\mathcal{M}_n(\mathbb{R})\), \(\mathrm{tr}\big(\Phi(M)\big)=\mathrm{tr}(M)\) ;

  • conserve le polynôme caractéristique si \(\forall M\in\mathcal{M}_n(\mathbb{R})\), \(\chi_{\Phi(M)}=\chi_M\).

L’objectif du problème est de caractériser les endomorphismes réalisant l’une de ces propriétés.

I - Résultats préliminaires

I.A

On suppose que \(\mathcal{E}\), \(\mathcal{F}\) et \(\mathcal{G}\) sont trois bases de \(\mathbb{R}^n\) et que \(f\) et \(g\) sont deux endomorphismes de \(\mathbb{R}^n\).

  1. Question de cours. Démontrer que \[\mathrm{M}_{\mathcal{E},\mathcal{G}}(g\circ f)=\mathrm{M}_{\mathcal{F},\mathcal{G}}(g)\,\mathrm{M}_{\mathcal{E},\mathcal{F}}(f)\]

  2. En déduire qu’il existe deux matrices \(P\) et \(Q\) appartenant à \(\mathrm{GL}_n(\mathbb{R})\) telles que \[\mathrm{M}_{\mathcal{F},\mathcal{G}}(f)=P\,\mathrm{M}_{\mathcal{E}}(f)\,Q\]

I.B

On suppose que \(M\) est une matrice de \(\mathcal{M}_n(\mathbb{R})\).

  1. Soit \(\lambda\in\mathbb{C}\) une valeur propre de \(M\) et \(X\) un vecteur propre associé. Montrer que, pour tout entier naturel \(k\), \(M^kX=\lambda^kX\).

  2. En déduire que, si \(\Pi\in\mathbb{R}[X]\) est un polynôme annulateur de \(M\), alors toute valeur propre complexe de \(M\) est une racine dans \(\mathbb{C}\) de \(\Pi\).

II - Étude de quelques endomorphismes de \(\mathcal{M}_n(\mathbb{R})\)

II.A - Multiplication à gauche par une matrice donnée

L’ensemble des endomorphismes de \(\mathcal{M}_n(\mathbb{R})\) est noté \(\mathcal{L}\big(\mathcal{M}_n(\mathbb{R})\big)\).

Pour toute matrice \(A\in\mathcal{M}_n(\mathbb{R})\), on note \(\Gamma_A\) l’application \[\Gamma_A:\left|\begin{matrix}\mathcal{M}_n(\mathbb{R}) & \to & \mathcal{M}_n(\mathbb{R})\\ M & \mapsto & AM\end{matrix}\right.\]

  1. Vérifier que, pour toute matrice \(A\in\mathcal{M}_n(\mathbb{R})\), \(\Gamma_A\) appartient à \(\mathcal{L}\big(\mathcal{M}_n(\mathbb{R})\big)\).

  2. Démontrer que, si \(A\) appartient à \(\mathrm{GL}_n(\mathbb{R})\), alors \(\Gamma_A\) conserve le rang.

  3. Démontrer que l’application \[\Gamma:\left|\begin{matrix}\mathcal{M}_n(\mathbb{R}) & \to & \mathcal{L}\big(\mathcal{M}_n(\mathbb{R})\big)\\ A & \mapsto & \Gamma_A\end{matrix}\right.\] est linéaire et injective.

Dans la suite de cette sous-partie II.A, \(A\) est un élément fixé de \(\mathcal{M}_n(\mathbb{R})\).

  1. Démontrer que \(\forall k\in\mathbb{N}\), \(\Gamma_{A^k}=\left(\Gamma_A\right)^k\).

  2. En déduire que, pour tout polynôme \(\Pi\) de \(\mathbb{R}[X]\), \(\Gamma_{\Pi(A)}=\Pi(\Gamma_A)\).

  3. À l’aide du résultat précédent, démontrer que \(A\) est diagonalisable si et seulement si \(\Gamma_A\) est diagonalisable.

  4. Démontrer que \(\chi_A\) est un polynôme annulateur de \(\Gamma_A\) et que \(\chi_{\Gamma_A}\) est un polynôme annulateur de \(A\).

  5. En déduire que \(\mathrm{Sp}_{\mathbb{C}}(\Gamma_A)=\mathrm{Sp}_{\mathbb{C}}(A)\).

II.B - Multiplication à gauche et à droite par des matrices inversibles avec ou sans transposition préalable

Pour toutes matrices \(P\) et \(Q\) appartenant à \(\mathrm{GL}_n(\mathbb{R})\), on considère les applications \[\Phi_{P,Q}:\left|\begin{matrix}\mathcal{M}_n(\mathbb{R}) & \to & \mathcal{M}_n(\mathbb{R})\\ M & \mapsto & PMQ\end{matrix}\right. \qquad\qquad \Psi_{P,Q}:\left|\begin{matrix}\mathcal{M}_n(\mathbb{R}) & \to & \mathcal{M}_n(\mathbb{R})\\ M & \mapsto & PM^{\top}Q\end{matrix}\right.\]

On admet que \(\Phi_{P,Q}\) et \(\Psi_{P,Q}\) sont des endomorphismes de \(\mathcal{M}_n(\mathbb{R})\).

On pose \[\mathcal{L}_1=\left\{\Phi_{P,Q}\mid(P,Q)\in\big(\mathrm{GL}_n(\mathbb{R})\big)^2\right\}\quad\text{et}\quad\mathcal{L}_2=\left\{\Psi_{P,Q}\mid(P,Q)\in\big(\mathrm{GL}_n(\mathbb{R})\big)^2\right\}\]

  1. Démontrer que \(\mathcal{L}_1\cup\mathcal{L}_2\) est stable par composition, c’est-à-dire que \[\forall(\Theta,\Theta')\in(\mathcal{L}_1\cup\mathcal{L}_2)^2,\ \Theta\circ\Theta'\in\mathcal{L}_1\cup\mathcal{L}_2\]

II.B.1)

Soient \(P\) et \(Q\) deux matrices de \(\mathrm{GL}_n(\mathbb{R})\).

  1. Montrer que \(\Phi_{P,Q}\) et \(\Psi_{P,Q}\) sont des automorphismes de \(\mathcal{M}_n(\mathbb{R})\) et préciser leurs applications réciproques.

  2. Montrer que \(\Phi_{P,Q}\) et \(\Psi_{P,Q}\) conservent le rang.

  3. Donner une condition nécessaire et suffisante sur \(P\) et \(Q\) pour que \(\Phi_{P,Q}\) et \(\Psi_{P,Q}\) conservent le déterminant.

  4. Montrer que \(\Phi_{P,P^{-1}}\) et \(\Psi_{P,P^{-1}}\) conservent le polynôme caractéristique.

II.B.2)

Dans cette section, on prend \(n\geqslant2\).

  1. Montrer que \(\mathcal{T}\in\mathcal{L}_2\) et \(\mathcal{T}\notin\mathcal{L}_1\).

  2. En déduire que les ensembles \(\mathcal{L}_1\) et \(\mathcal{L}_2\) sont disjoints.

III - Endomorphismes de rang donné

On suppose que \(f\) est un endomorphisme de \(\mathbb{R}^n\). Son noyau est noté \(\ker(f)\).

III.A

On suppose dans cette sous-partie que \(f\) est un isomorphisme. On se donne une base \(\mathcal{B}=(e_1,\dots,e_n)\) de \(\mathbb{R}^n\). On note \(\mathcal{B}'\) la base \[\mathcal{B}'=\big(f(e_1),\dots,f(e_n)\big)\]

  1. Déterminer \(\mathrm{M}_{\mathcal{B},\mathcal{B}'}(f)\).

III.B

On suppose dans cette sous-partie que \(f\) n’est pas l’endomorphisme nul et que \(\ker(f)\neq\{0_{\mathbb{R}^n}\}\).

Soit \(\mathcal{B}_2\) une base de \(\ker(f)\), que l’on complète (à gauche) en une base \(\mathcal{B}=(e_1,\dots,e_k,\mathcal{B}_2)\) de \(\mathbb{R}^n\).

  1. Montrer que la famille \(\big(f(e_1),\dots,f(e_k)\big)\) est libre.

  2. Justifier que \(k<n\).

On complète la famille \(\big(f(e_1),\dots,f(e_k)\big)\) en une base \(\mathcal{B}'=\big(f(e_1),\dots,f(e_k),f_{k+1},\dots,f_n\big)\) de \(\mathbb{R}^n\).

  1. Déterminer \(\mathrm{M}_{\mathcal{B},\mathcal{B}'}(f)\).

III.C

Dans toute la suite du problème, pour tout entier entier naturel \(r\in\left[\kern-0.15em\left[ {0,n} \right]\kern-0.15em\right]\), on note \[J_{n,r}=\mathrm{diag}(I_r,0_{n-r})\] en convenant que \(J_{n,n}=I_n\) et \(J_{0,n}=0_n\).

Soit \(M\) un élément de \(\mathcal{M}_n(\mathbb{R})\) de rang \(r\).

  1. Montrer qu’il existe deux matrices \(P\) et \(Q\) de \(\mathrm{GL}_n(\mathbb{R})\) telles que \[M=\Phi_{P,Q}(J_{n,r})\]

III.D

On suppose dans cette sous-partie que \(n=2\) et que \(A\) et \(B\) sont deux éléments de \(\mathcal{M}_2(\mathbb{R})\) de rang \(1\). On suppose que \(\mathrm{Im}\,A\) et \(\mathrm{Im}\,B\) sont distinctes.

  1. Montrer qu’il existe deux matrices \(P_2\) et \(Q_2\) de \(\mathrm{GL}_2(\mathbb{R})\) telles que \[A=P_2\begin{pmatrix}1 & 0\\ 0 & 0\end{pmatrix}Q_2 \quad\text{et}\quad B=P_2\begin{pmatrix}0 & 0\\ \alpha & \beta\end{pmatrix}Q_2\] où \(\alpha\) et \(\beta\) sont des réels, non tous deux nuls.

IV - Endomorphismes de \(\mathcal{M}_2(\mathbb{R})\) conservant le rang

Dans toute cette partie, on suppose que \(n=2\).

On désigne par \(\mathcal{B}_{\mathrm{ca}}=(B_1,B_2,B_3,B_4)\) la base canonique de \(\mathcal{M}_2(\mathbb{R})\), avec \[B_1=\begin{pmatrix}1 & 0\\ 0 & 0\end{pmatrix},\qquad B_2=\begin{pmatrix}0 & 1\\ 0 & 0\end{pmatrix},\qquad B_3=\begin{pmatrix}0 & 0\\ 1 & 0\end{pmatrix}\quad\text{et}\quad B_4=\begin{pmatrix}0 & 0\\ 0 & 1\end{pmatrix}\]

IV.A

  1. Expliciter la matrice de la transposition \(\mathcal{T}\) dans la base canonique de \(\mathcal{M}_2(\mathbb{R})\).

Cette matrice de \(\mathcal{M}_4(\mathbb{R})\) sera notée \(T\).

  1. Justifier sans calcul que \(T\) est diagonalisable

  2. Préciser les valeurs propres et les sous-espaces propres de \(\mathcal{T}\).

On se donne deux éléments \(P\) et \(Q\) de \(\mathrm{GL}_2(\mathbb{R})\), \[P=\begin{pmatrix}a & b\\ c & d\end{pmatrix}\quad\text{et}\quad Q=\begin{pmatrix}e & f\\ g & h\end{pmatrix}\]

  1. Montrer que la matrice, dans la base \(\mathcal{B}_{\mathrm{ca}}\), de l’endomorphisme \(\Phi_{P,Q}\) est de la forme \[\begin{pmatrix}aU & bU\\ cU & dU\end{pmatrix}\] où \(U\) est un élément de \(\mathcal{M}_2(\mathbb{R})\) à déterminer.

On suppose dans la suite de cette partie que \(\Phi\) est un endomorphisme de \(\mathcal{M}_2(\mathbb{R})\) conservant le rang.

IV.B

  1. Montrer que \(\Phi\) est un automorphisme de \(\mathcal{M}_2(\mathbb{R})\).

  2. Déterminer les rangs de \(\Phi(B_1)\), \(\Phi(B_4)\), \(\Phi(B_1+B_4)\). En déduire l’existence de deux matrices \(P_1\) et \(Q_1\) de \(\mathrm{GL}_2(\mathbb{R})\), telles que : \[\Phi_{P_1,Q_1}\circ\Phi(B_1)=\begin{pmatrix}1 & 0\\ 0 & 0\end{pmatrix}\quad\text{et}\quad\Phi_{P_1,Q_1}\circ\Phi(B_4)=\begin{pmatrix}0 & 0\\ \alpha & \beta\end{pmatrix}\] où \(\alpha\) et \(\beta\) sont des réels tels que \((\alpha,\beta)\neq(0,0)\).

On adopte alors les notations suivantes : \(\Phi'=\Phi_{P_1,Q_1}\circ\Phi\), \(M'=\mathrm{M}_{\mathcal{B}_{\mathrm{ca}}}(\Phi')\).

Pour tout \(j\in\{1,2,3,4\}\), \(B'_j=\Phi'(B_j)\) et \(C_j=(a_j,b_j,c_j,d_j)^{\top}\) désigne la \(j\)-ième colonne de la matrice \(M'\).

  1. Déterminer \(C_1\) et \(C_4\).

  2. Démontrer que \(\forall i\in\{1,2,3,4\}\), \(a_id_i-b_ic_i=0\).

  3. En considérant le rang des matrices \(B'_1+B'_2\) et \(B'_1+B'_3\), démontrer que \(d_2=d_3=0\).

On déduit des deux questions précédentes que \(b_2c_2=b_3c_3=0\).

IV.C

On suppose dans cette sous-partie que \(c_2=0\).

  1. En étudiant \(\det(M')\), démontrer que les nombres \(b_2\), \(c_3\), \(d_4\) sont tous trois non nuls.

  2. En utilisant les résultats de la question précédente et en considérant les rangs des matrices \(B'_3+B'_4\), \(B'_2+B'_4\) et \(B'_1+B'_2+B'_3+B'_4\), démontrer que \[M'=\begin{pmatrix}1 & a_2 & 0 & 0\\ 0 & b_2 & 0 & 0\\ 0 & 0 & c_3 & c_4\\ 0 & 0 & 0 & d_4\end{pmatrix}\] avec \(c_4=a_2c_3\) et \(d_4=b_2c_3\).

  3. En déduire que \(\Phi\) appartient à \(\mathcal{L}_1\).

IV.D

On suppose à présent que \(c_2\neq0\).

  1. Démontrer que la matrice, dans la base \(\mathcal{B}_{\mathrm{ca}}\), de l’endomorphisme \(\Phi'\circ\mathcal{T}\) de \(\mathcal{M}_2(\mathbb{R})\) est égale à \[\begin{pmatrix}1 & a_3 & a_2 & 0\\ 0 & b_3 & 0 & 0\\ 0 & c_3 & c_2 & c_4\\ 0 & 0 & 0 & d_4\end{pmatrix}\]

  2. Démontrer que \(c_3=0\).

  3. En déduire que \(\Phi\) appartient à \(\mathcal{L}_2\).

On a ainsi démontré, pour \(n=2\), qu’un endomorphisme de \(\mathcal{M}_n(\mathbb{R})\) conserve le rang si et seulement s’il appartient à \(\mathcal{L}_1\cup\mathcal{L}_2\).

On admet que ce résultat est encore valable lorsque \(n\) est un entier strictement supérieur à \(2\).

V - Endomorphisme de \(\mathcal{M}_n(\mathbb{R})\) conservant le déterminant ou le polynôme caractéristique

V.A

On suppose dans cette sous-partie que \(n=2\) et que \(\Phi\) est un endomorphisme de \(\mathcal{M}_2(\mathbb{R})\) conservant le déterminant.

On considère une matrice \(A\) non nulle de \(\mathcal{M}_2(\mathbb{R})\) vérifiant \(\Phi(A)=0_2\).

  1. Montrer que \(A\) est de rang \(1\).

La partie III assure l’existence de deux éléments \(P\) et \(Q\) de \(\mathrm{GL}_2(\mathbb{R})\) tels que \[A=PJ_{2,1}Q\]

On pose alors \(N=P(I_2-J_{2,1})Q\).

  1. En calculant de deux manières différentes \(\det(A+N)\), aboutir à une absurdité et conclure que \(\Phi\) est un automorphisme de \(\mathcal{M}_2(\mathbb{R})\).

  2. En discutant selon les valeurs possibles du rang, démontrer que \(\Phi\) conserve le rang.

On a ainsi démontré que tout endomorphisme de \(\mathcal{M}_2(\mathbb{R})\) qui conserve le déterminant conserve le rang. On admet que ce résultat s’étend au cas où \(n\) est un entier naturel non nul quelconque.

  1. Caractériser les endomorphismes de \(\mathcal{M}_n(\mathbb{R})\) qui conservent le déterminant.

V.B

On revient au cas général où \(n\) est un entier naturel non nul.

V.B.1) Propriétés de la trace

  1. Démontrer que l’application \[\left|\begin{matrix}\mathcal{M}_n(\mathbb{R}) & \to & \mathbb{R}\\ M & \mapsto & \mathrm{tr}(M)\end{matrix}\right.\] est une forme linéaire vérifiant \[\forall(A,B)\in\big(\mathcal{M}_n(\mathbb{R})\big)^2,\ \mathrm{tr}(AB)=\mathrm{tr}(BA)\]

  2. Montrer que l’application \[\left|\begin{matrix}\big(\mathcal{M}_n(\mathbb{R})\big)^2 & \to & \mathbb{R}\\ (A,B) & \mapsto & \mathrm{tr}(A^{\top}B)\end{matrix}\right.\] est un produit scalaire sur \(\mathcal{M}_n(\mathbb{R})\).

  3. En déduire que, si une matrice \(A\) de \(\mathcal{M}_n(\mathbb{R})\) vérifie \[\forall M\in\mathcal{M}_n(\mathbb{R}),\ \mathrm{tr}(AM)=0\] alors \(A=0\).

V.B.2) Application à la caractérisation des endomorphismes de \(\mathcal{M}_n(\mathbb{R})\) conservant le polynôme caractéristique

  1. Démontrer qu’un endomorphisme de \(\mathcal{M}_n(\mathbb{R})\) qui conserve le polynôme caractéristique conserve également le déterminant et la trace.

  2. Caractériser les endomorphismes de \(\mathcal{M}_n(\mathbb{R})\) qui conservent le polynôme caractéristique.

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