Semaine 1

Une semaine, un classique

Algèbre : Autour des polynômes de Tchebychev

Thème : Algèbre

Année : ECG2

Option : Maths approfondies

Durée indicative : 120 minutes

Objectif : Maîtriser trois notions fondamentales en algèbre : structure des polynômes, produits scalaires et endomorphismes symétriques.

Trois questions de cours pour te lancer

Teste ton cours en répondant aux questions suivantes, à l’oral ou en écrivant ta réponse sur une feuille. Ensuite, envoie une photo de ta réponse et demande à l’IA d’analyser ce qui est juste, ce qui manque et comment t’améliorer.

Donner la définition du degré d’un polynôme non nul.

Rappeler les propriétés du degré pour la somme et le produit de deux polynômes.

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  1. Définition du degré d’un polynôme
    • Si \(P\) est un polynôme non nul, son degré est le plus grand entier \(n\) tel que le coefficient de \(x^n\) soit non nul.
    • Le degré du polynôme nul est, par convention, \(-\infty\).
  2. Propriétés du degré
    • Somme : \(\deg(P+Q) \leqslant \max(\deg P, \deg Q)\), avec égalité si les degrés sont distincts ou si les coefficients dominants ne se compensent pas.
    • Produit : \(\deg(PQ) = \deg P + \deg Q\).

Donner la définition d’un produit scalaire sur un espace vectoriel réel.

Donner un exemple de produit scalaire.

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  1. Définition
    • Un produit scalaire sur un espace vectoriel réel \(E\) est une application \(\langle\cdot,\cdot\rangle : E \times E \to \mathbb{R}\) telle que :
      • bilinéarité : \(\forall x,y,z \in E, \ \forall \lambda \in \mathbb{R},\quad \langle \lambda x + y, z\rangle = \lambda \langle x,z\rangle + \langle y,z\rangle\) et \(\forall x,y,z \in E, \ \forall \lambda \in \mathbb{R},\quad \langle z, \lambda x + y\rangle = \lambda \langle z,x\rangle + \langle z,y\rangle\)
      • symétrie : \(\forall x,y \in E,\quad \langle x,y\rangle = \langle y,x\rangle\)
      • positivité définie : \(\forall x \in E,\quad \langle x,x\rangle \geqslant 0\) et \(\forall x \in E,\quad \langle x,x\rangle = 0 \Rightarrow x=0\)
  2. Exemples
    • Sur \(\mathbb{R}^n\) : si \(x=(x_i)_{1 \leqslant i \leqslant n}\) et \(y=(y_i)_{1 \leqslant i \leqslant n}\), alors \[ \langle x,y\rangle = \sum_{i=1}^n x_i y_i. \]
    • Sur \(E=\mathcal{C}([a,b],\mathbb{R})\) avec \( a<b\) : pour \(f,g \in E\), \[ \langle f,g\rangle = \int_a^b f(t)\,g(t)\,dt. \]

Donner la définition d’un endomorphisme symétrique dans un espace euclidien.

Énoncer ses principales propriétés.

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  1. Définition
    • Soit \(E\) un espace euclidien muni d’un produit scalaire \(\langle\cdot,\cdot\rangle\). Un endomorphisme \(f\) de \(E\) est symétrique si \[\forall x,y \in E,\quad \langle f(x),y\rangle = \langle x,f(y)\rangle.\]
  2. Propriétés principales
    • Diagonalisabilité : Si \( f \) est un endomorphisme symétrique, il est diagonalisable.
    • Orthogonalité : Les sous-espaces propres d’un endomorphisme symétrique sont orthogonaux deux à deux.
    • Diagonalisation en base orthonormale : Si \( f \) est un endomorphisme symétrique de \( E\), il existe une base orthonormale de \(E\) constituée de vecteurs propres de \(f\).

Mini-exercices : vérifie que les bases sont maîtrisées

Quelques exercices rapides pour passer du cours à l’action. L’objectif : réfléchir, répondre à la question, puis laisser l’IA te dire où tu en es et comment progresser.

On définit une suite de polynômes \((P_n)_{n\in\mathbb{N}}\) par \(P_0(X)=1\), \(P_1(X)=X\) et, pour tout \(n\in\mathbb{N}\), \[P_{n+2}(X)=(X+1)P_{n+1}(X)-X P_n(X).\]

1) Calculer \(P_2\) et \(P_3\).

2) Pour tout \(n\in\mathbb{N}\), déterminer le degré et le coefficient dominant de \(P_{n+2}\).

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1) Calcul de \(P_2\) et \(P_3\)

Pour \(n=0\) :

\(P_2(X)=(X+1)P_1(X)-X P_0(X)=(X+1)X-X=X^2\).

Pour \(n=1\) :

\(P_3(X)=(X+1)P_2(X)-X P_1(X)=(X+1)X^2-X\,X=X^3\).

2) Degré et coefficient dominant de \(P_{n+2}\)

On va établir une expression explicite par récurrence : \(\forall n\in\mathbb{N},\; P_n(X)=X^n\).

Initialisation. \(P_0(X)=1=X^0\) et \(P_1(X)=X=X^1\).

Hérédité. On suppose \(P_n(X)=X^n\) et \(P_{n+1}(X)=X^{n+1}\). Alors

\(P_{n+2}(X)=(X+1)X^{n+1}-X\,X^n=X^{n+2}+X^{n+1}-X^{n+1}=X^{n+2}\).

La propriété est donc vraie pour tout \(n\).

En particulier, \(P_{n+2}(X)=X^{n+2}\) : on lit alors \(\deg(P_{n+2})=n+2\) et le coefficient dominant de \(P_{n+2}\) vaut \(1\).

Soit \(E=\mathbb{R}_2[X]\). Pour \(P,Q\in E\), on définit

\[\langle P,Q\rangle = \sum_{k=0}^{2} P(k)Q(k).\]

1) Montrer que \(\langle\cdot,\cdot\rangle\) définit un produit scalaire sur \(E\).

2) Calculer \(\|X\|\) et \(\|1+X\|\).

3) Déterminer si \(1\) et \(X-1\) sont orthogonaux.

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1) Vérification des axiomes

Bilinéarité. Pour \(\lambda\in\mathbb{R}\) et \(P,Q,R\in E\),

\(\langle \lambda P+Q, R\rangle = \sum_{k=0}^2 (\lambda P(k)+Q(k))R(k) = \lambda\sum_{k=0}^2 P(k)R(k)+\sum_{k=0}^2 Q(k)R(k) = \lambda\langle P,R\rangle+\langle Q,R\rangle\).

On procède de même dans la seconde variable.

Symétrie. \(\langle P,Q\rangle=\sum_{k=0}^2 P(k)Q(k)=\sum_{k=0}^2 Q(k)P(k)=\langle Q,P\rangle\).

Positivité définie. \(\langle P,P\rangle=\sum_{k=0}^2 P(k)^2\geqslant 0\). Si \(\langle P,P\rangle=0\), alors chaque terme de la somme est nul, donc \(P(0)=P(1)=P(2)=0\). Comme \(\deg(P)\leqslant 2\), le polynôme \(P\) ayant trois racines distinctes est forcément nul.

Donc \(\langle\cdot,\cdot\rangle\) est un produit scalaire sur \(E\).

2) Normes

\(\|X\|^2=\langle X,X\rangle=0^2+1^2+2^2=5\), donc \(\|X\|=\sqrt{5}\).

\(\|1+X\|^2=1^2+2^2+3^2=14\), donc \(\|1+X\|=\sqrt{14}\).

3) Orthogonalité

\(\langle 1, X-1\rangle = 1\cdot(-1)+1\cdot 0+1\cdot 1=0\). Ainsi, \(1\) et \(X-1\) sont orthogonaux.

On considère \(E=\mathbb{R}^2\) muni du produit scalaire usuel. On note \(B\) la base canonique et \(C=((1,1),(1,0))\) une base de \(E\).

On considère la matrice \(A=\begin{pmatrix}2&1\\1&2\end{pmatrix}\). On note \(f\) l’endomorphisme associé à \(A\) dans la base \(B\) et \(g\) l’endomorphisme associé à \(A\) dans la base \(C\).

1) \(f\) et \(g\) sont-ils symétriques ?

2) Déterminer une base orthonormale de \(E\) formée de vecteurs propres de \(f\).

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1) Symétrie de \(f\) et \(g\)

  • Pour \(f\). La base canonique \(B\) est orthonormée et la matrice de \(f\) dans \(B\) est \(A=\begin{pmatrix}2&1\\1&2\end{pmatrix}\). Or \({}^tA=A\), ce qui signifie que \(A\) est symétrique ; donc \(f\) est un endomorphisme symétrique.
  • Pour \(g\). La base \(C\) n’est pas orthonormée, on ne peut donc pas conclure à partir du seul fait que la matrice \(A\) est symétrique. On utilise la définition : \(g\) est symétrique si, et seulement si, \(\langle g(x),y\rangle=\langle x,g(y)\rangle\) pour tous \(x,y\in E\).

    On note \(c_1=(1,1)\) et \(c_2=(1,0)\) (vecteurs de la base \(C\)). Comme la matrice de \(g\) dans \(C\) est \(A\), on a :

    \[g(c_1)=2c_1+c_2,\qquad g(c_2)=c_1+2c_2.\]

    Donc \(g(c_1)=2(1,1)+(1,0)=(3,2)\) et \(g(c_2)=(1,1)+2(1,0)=(3,1)\).

    Alors

    \[\langle g(c_1),c_2\rangle=(3,2)\cdot(1,0)=3\qquad\text{et}\qquad \langle c_1,g(c_2)\rangle=(1,1)\cdot(3,1)=4.\]

    Ces deux quantités étant différentes, \(g\) n’est pas symétrique.

2) Base orthonormale de vecteurs propres de \(f\)

Un réel \(\lambda\) est valeur propre de \(f\) si, et seulement si, \(\det(A-\lambda I_2)=0\).

On calcule :

\[\det(A-\lambda I_2)=\det\begin{pmatrix}2-\lambda&1\\1&2-\lambda\end{pmatrix}=(2-\lambda)^2-1.\]

Donc \((2-\lambda)^2-1=0\), soit \(2-\lambda=\pm 1\), d’où \(\lambda=3\) ou \(\lambda=1\).

On vérifie que \(u=(1,1)\) est un vecteur propre associé à la valeur propre \(3\), et que \(v=(1,-1)\) est un vecteur propre associé à la valeur propre \(1\).

Les valeurs propres étant distinctes, les vecteurs propres \(u\) et \(v\) sont orthogonaux.

On normalise : \(\|u\|=\sqrt2\) et \(\|v\|=\sqrt2\). Ainsi

\[e_1=\frac1{\sqrt2}(1,1),\qquad e_2=\frac1{\sqrt2}(1,-1)\]forment une base orthonormale de \(E\) constituée de vecteurs propres de \(f\).


Un exercice sur un thème classique pour t’entraîner

Place maintenant tout en contexte avec un exercice d’annales choisi pour sa difficulté raisonnable et sa forte valeur d’entraînement. C’est l’occasion de tester ta compréhension, de te confronter à une vraie question de concours, et de profiter de l’aide de l’IA si tu en as besoin.

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