Comment étudier la nature d’une intégrale impropre ?
Les méthodes essentielles pour déterminer rapidement la convergence ou la divergence d’une intégrale impropre.
Les questions réflexes
Pour étudier la nature d’une intégrale impropre, il est essentiel de se poser les bonnes questions, dans le bon ordre.
Quel est le domaine de continuité de \(f\) ?
Démarche
Avant toute chose, quand on étudie la nature d'une intégrale impropre, on commence par déterminer l’ensemble sur lequel la fonction intégrée est continue afin d’identifier précisément les causes d’improprété de l’intégrale.
- Si \(f\) est continue sur \([a,+\infty[\), l’intégrale \(\displaystyle \int_a^{+\infty} f(t)\,\mathrm{d}t\) est impropre en \(+\infty\) uniquement.
- Si \(f\) est continue sur \(]-\infty,a]\), l’intégrale \( \displaystyle \int_{-\infty}^{a} f(t)\,\mathrm{d}t\) est impropre en \(-\infty\) uniquement.
- Si \(f\) est continue sur \([a,b[\), l’intégrale \( \displaystyle \int_a^b f(t)\,\mathrm{d}t\) est impropre en \(b\) uniquement.
- Si \(f\) est continue sur \(]a,b]\), l’intégrale \(\displaystyle \int_a^b f(t)\,\mathrm{d}t\) est impropre en \(a\) uniquement.
- Si \(f\) est continue sur \(]a,b[\) et sur \(]b,c[\), l’intégrale \( \displaystyle \int_a^c f(t)\,\mathrm{d}t\) est impropre en \(a\), \(b\) et \(c\).
- …
Si l’intégrale \( \displaystyle \int_a^c f(t)\,\mathrm{d}t\) est impropre en \(a\) et en \(c\) uniquement, on étudie séparément la convergence des intégrales \[ \int_a^b f(t)\,\mathrm{d}t \quad \text{et} \quad \int_b^c f(t)\,\mathrm{d}t \] où \(b\) est un réel quelconque fixé dans \(]a,c[\).
Erreur classique
Ne pas identifier précisément tous les points d’impropreté avant de commencer l’étude.
Intégrale faussement impropre
Si \(f\) est continue sur \([a,b[\) (avec \(a \leqslant b < +\infty\)) et si \(f\) est prolongeable par continuité en \(b\), alors l’intégrale est convergente et dite faussement impropre.
De même, si \(f\) est continue sur \(]a,b]\) et prolongeable par continuité en \(a\), l’intégrale est convergente et dite faussement impropre.
Exemple
Étudier la nature de l’intégrale \[ \int_0^1 \frac{e^x-1}{x}\,\mathrm{d}x. \]
La fonction \(f(x)=\dfrac{e^x-1}{x}\) est continue sur \(]0,1]\), donc l’intégrale est impropre en \(0\) uniquement.
On remarque que : \[ \lim_{x\to 0} \frac{e^x-1}{x}=1, \] donc \(f\) est prolongeable par continuité en \(0\).
L’intégrale est donc convergente.
L’intégrale est-elle une intégrale de référence ?
Démarche
Lorsque l’on étudie la nature d’une intégrale impropre, il est essentiel de commencer par chercher une éventuelle ressemblance avec une intégrale de référence, afin d’éviter des calculs inutiles.
On se souviendra en particulier que :
- Si \(\alpha \in \mathbb{R}\), l'intégrale \( \displaystyle \int_1^{+\infty} \frac{\mathrm{d}t}{t^\alpha} \) converge si et seulement si \( \alpha>1 \) (Riemann).
- Si \(\alpha \in \mathbb{R}\), l'intégrale \( \displaystyle \int_0^1 \frac{\mathrm{d}t}{t^\alpha} \) converge si et seulement si \( \alpha<1 \) (Riemann).
- Si \(\alpha \in \mathbb{R}\), l'intégrale \( \displaystyle \int_a^b \frac{\mathrm{d}t}{(t-a)^\alpha} \) converge si et seulement si \( \alpha<1 \) (Riemann).
- Si \(\alpha \in \mathbb{R}\), l'intégrale \( \displaystyle \int_a^b \frac{\mathrm{d}t}{(b-t)^\alpha} \) converge si et seulement si \( \alpha<1 \) (Riemann).
- Si \(a \in \mathbb{R}\), l'intégrale \( \displaystyle \int_0^{+\infty} e^{-at}\,\mathrm{d}t \) converge si et seulement si \( a>0 \).
- L'intégrale \( \displaystyle \int_{-\infty}^{+\infty} \frac{1}{\sqrt{2\pi}} e^{-t^2/2}\,\mathrm{d}t \) est convergente (et égale à \( 1 \), densité normale).
- L'intégrale \( \displaystyle \int_0^{+\infty} \frac{t^{\nu-1} e^{-t}}{\Gamma(\nu)}\,\mathrm{d}t \) est convergente (et égale à \( 1 \), densité gamma).
Si l’intégrale étudiée n’est pas exactement de ce type, on peut chercher à l’écrire comme combinaison linéaire d’intégrales de référence ou à s’y ramener par des transformations simples.
Erreur classique
Ne pas reconnaître une intégrale de référence et entreprendre des calculs longs et inutiles.
Opérations sur les intégrales impropres
Soit \(f\) et \(g\) deux fonctions continues sur un intervalle \( [a,b[ \) et \(\lambda \in \mathbb{R}\).
- Si les intégrales \[ \int_a^b f(t)\,\mathrm{d}t \quad \text{et} \quad \int_a^b g(t)\,\mathrm{d}t \] convergent, alors l’intégrale \[ \int_a^b (\lambda f(t)+g(t))\,\mathrm{d}t \] converge.
- Si l’intégrale \[ \int_a^b f(t)\,\mathrm{d}t \] converge et l’intégrale \[ \int_a^b g(t)\,\mathrm{d}t \] diverge, alors l’intégrale \[ \int_a^b (f(t)+g(t))\,\mathrm{d}t \] diverge.
- Si les deux intégrales divergent, on ne peut rien conclure sur la nature de \[ \int_a^b (f(t)+g(t))\,\mathrm{d}t. \]
Exemple
Étudier la nature de l’intégrale \[ \int_1^{+\infty} \left(\frac{1}{t^2}+e^{-t}\right)\,\mathrm{d}t. \]
On reconnaît une combinaison linéaire de deux intégrales de référence :
- \(\displaystyle \int_1^{+\infty} \frac{\mathrm{d}t}{t^2}\) est une intégrale de Riemann convergente car \(2>1\),
- \(\displaystyle \int_1^{+\infty} e^{-t}\,\mathrm{d}t\) est convergente car l’intégrale \(\displaystyle \int_0^{+\infty} e^{-t}\,\mathrm{d}t\) converge.
Les deux intégrales étant convergentes, l’intégrale étudiée est convergente.
Peut-on utiliser un équivalent ?
Démarche
Si les méthodes précédentes n’ont rien donné et si la fonction \(f\) est continue et positive sur \([a,b[\), pour étudier la nature de l’intégrale impropre \[ \int_a^b f(t)\,\mathrm{d}t, \] il est en général pertinent de chercher un équivalent simple de la fonction intégrée lorsque \(t \) tend vers \( b\).
En effet, si \(g\) est une fonction positive sur \([a,b[\) et si \[ f(t) \underset{t\to b}{\sim} g(t), \] alors les intégrales impropres \[ \int_a^b f(t)\,\mathrm{d}t \quad \text{et} \quad \int_a^b g(t)\,\mathrm{d}t \] sont de même nature.
La stratégie consiste donc à :
- déterminer un équivalent simple de \(f(t)\) lorsque \(t \) tend vers \( b\) (voir page méthodes de recherche d’équivalent),
- se ramener à une intégrale de référence.
Erreur classique
Utiliser un équivalent sans préciser le point vers lequel la variable tend.
Comparaison par équivalence
Soit \(f\) et \(g\) deux fonctions continues et positives sur \([a,b[\) et telles que :
\[ f(t) \underset{t\to b}{\sim} g(t) \]Les intégrales impropres \[ \int_a^b f(t)\,\mathrm{d}t \quad \text{et} \quad \int_a^b g(t)\,\mathrm{d}t \] sont de même nature, c’est-à-dire :
- Si l’intégrale impropre \[ \int_a^b g(t)\,\mathrm{d}t \] est convergente, alors l’intégrale impropre \[ \int_a^b f(t)\,\mathrm{d}t \] converge.
- Si l’intégrale impropre \[ \int_a^b g(t)\,\mathrm{d}t \] est divergente, alors l’intégrale impropre \[ \int_a^b f(t)\,\mathrm{d}t \] diverge.
Exemple
Étudier la nature de l’intégrale \[ \int_1^{+\infty} \frac{t+\ln(t)}{t^3+1}\,\mathrm{d}t. \]
On pose \[ f(t)=\frac{t+\ln(t)}{t^3+1}. \] La fonction \(f\) est continue et positive sur \([1,+\infty[\). De plus on sait que \[ \ln(t) \underset{t\to +\infty}=o(t)\] donc :
\[ f(t) \underset{t\to+\infty}{\sim} \frac{t}{t^3} \] soit encore : \[ f(t) \underset{t\to+\infty}{\sim} \frac{1}{t^2} \]Or l’intégrale \[ \int_1^{+\infty} \frac{\mathrm{d}t}{t^2} \] est une intégrale de Riemann convergente (car \(2>1\)).
Les fonctions en présence étant continues et positives, l’intégrale étudiée est convergente.
Peut-on utiliser une majoration ou une minoration ?
Démarche
Si la fonction \(f\) est continue et positive sur \([a,b[\), il peut être pertinent d’utiliser une comparaison avec une fonction de référence.
- Soit \(g\) une fonction continue et positive sur \([a,b[\) telle que \[ \forall t \in [a,b[, \quad 0 \leqslant f(t) \leqslant g(t). \] Si l’intégrale impropre \[ \int_a^b g(t)\,\mathrm{d}t \] converge, alors l’intégrale impropre \[ \int_a^b f(t)\,\mathrm{d}t \] converge.
- Soit \(g\) une fonction continue et positive sur \([a,b[\) telle que \[ \forall t \in [a,b[, \quad 0 \leqslant g(t) \leqslant f(t). \] Si l’intégrale impropre \[ \int_a^b g(t)\,\mathrm{d}t \] diverge, alors l’intégrale impropre \[ \int_a^b f(t)\,\mathrm{d}t \] diverge.
Erreur classique
Utiliser une comparaison sans préciser l’intervalle sur lequel les inégalités sont vérifiées.
Comparaison par majoration/minoration
Soit \(f\) et \(g\) deux fonctions continues et positives sur \([a,b[\). Et telles que \[ \exists t_0 \in [a,b[, \quad \forall t \in [t_0,b[, \quad 0 \leqslant f(t) \leqslant g(t). \]
- Si l’intégrale impropre \[ \int_a^b g(t)\,\mathrm{d}t \] est convergente, alors l’intégrale impropre \[ \int_a^b f(t)\,\mathrm{d}t \] converge.
- Si l’intégrale impropre \[ \int_a^b f(t)\,\mathrm{d}t \] est divergente, alors l’intégrale impropre \[ \int_a^b g(t)\,\mathrm{d}t \] diverge.
Exemple
Étudier la nature de l’intégrale \[ \int_0^{+\infty} \frac{e^{-t}}{t+1}\,\mathrm{d}t. \]
On pose \[ f(t)=\frac{e^{-t}}{t+1}. \] La fonction \(f\) est continue et positive sur \([0,+\infty[\).
Pour tout \(t\geqslant 0\), on a \(t+1 \geqslant 1\), donc :
\[ 0 \leqslant \frac{e^{-t}}{t+1} \leqslant e^{-t}. \]Or l’intégrale \[ \int_0^{+\infty} e^{-t}\,\mathrm{d}t \] est convergente (car \(\displaystyle \int_0^{+\infty} e^{-at}\,\mathrm{d}t\) converge si et seulement si \(a>0\)).
On en déduit que l’intégrale \[ \int_0^{+\infty} \frac{e^{-t}}{t+1}\,\mathrm{d}t \] est convergente par comparaison.
Peut-on utiliser une négligeabilité ?
Démarche
Si la fonction \( f \) est continue et positive sur \([a,b[\) et si l’on parvient à montrer que \(f\) est négligeable en \( b \) devant une fonction \(g\) dont l’intégrale impropre est convergente, on peut conclure par comparaison.
Plus précisément, si l’on a \[ f(t) \underset{t\to b}= o(g(t)) \] alors la convergence de \[ \int_a^b g(t)\,\mathrm{d}t \] entraîne celle de \[ \int_a^b f(t)\,\mathrm{d}t. \]
En pratique, on distingue deux situations usuelles.
• Intégrale impropre en \(+\infty\)
Si la fonction \( f \) est continue et positive sur \( [1,+\infty [ \), pour étudier la nature de \[ \int_1^{+\infty} f(t)\,\mathrm{d}t, \] on peut étudier la limite de la fonction \(t^\alpha f(t)\) lorsque \(t \) tend vers \( +\infty\).
- S’il existe un réel \(\alpha > 1\) tel que \[ \lim_{t\to+\infty} t^\alpha f(t) = 0, \] alors \[ f(t) \underset{t \to +\infty}= o\!\left(\frac{1}{t^\alpha}\right), \] ce qui permet de prouver que l’intégrale impropre converge.
- S’il existe un réel \(\alpha \leqslant 1\) tel que \[ \lim_{t\to+\infty} t^\alpha f(t) = +\infty, \] alors \[ \frac{1}{t^\alpha} \underset{t \to + \infty} = o(f(t)), \] ce qui permet de prouver que l’intégrale impropre diverge.
• Intégrale impropre en \(0\)
Si la fonction \( f \) est continue et positive sur \( ]0,1 ] \), pour étudier la nature de \[ \int_0^1 f(t)\,\mathrm{d}t, \] on peut étudier la limite de la fonction \(t^\alpha f(t)\) lorsque \(t \) tend vers \( 0\).
- S’il existe un réel \(\alpha < 1\) tel que \[ \lim_{t\to 0} t^\alpha f(t) = 0, \] alors \[ f(t) \underset{t \to 0}= o\!\left(\frac{1}{t^\alpha}\right), \] ce qui permet de prouver que l’intégrale impropre converge.
- S’il existe un réel \(\alpha \geqslant 1\) tel que \[ \lim_{t\to 0} t^\alpha f(t) = +\infty, \] alors \[ \frac{1}{t^\alpha} \underset{t \to 0}= o(f(t)), \] ce qui permet de prouver que l’intégrale impropre diverge.
Erreur classique
Oublier que cette méthode nécessite que la fonction soit positive (au voisinage du point d’impropreté).
Comparaison par négligeabilité
Soit \(f\) une fonction continue et positive.
• Cas d’une intégrale impropre en \(+\infty\)
Pour étudier la nature de \[ \int_1^{+\infty} f(t)\,\mathrm{d}t, \] on peut étudier la limite de \(t^\alpha f(t)\) lorsque \(t \to +\infty\).
- Si l’on peut montrer qu’il existe \(\alpha>1\) tel que \[ f(t)\underset{t \to +\infty}=o\!\left(\frac{1}{t^\alpha}\right), \] alors l’intégrale converge.
- Si l’on peut montrer qu’il existe \(\alpha \leqslant 1\) tel que \[ \frac{1}{t^\alpha}\underset{t \to +\infty}=o(f(t)), \] alors l’intégrale diverge.
• Cas d’une intégrale impropre en \(0\)
Pour étudier la nature de \[ \int_0^1 f(t)\,\mathrm{d}t, \] on peut étudier la limite de \(t^\alpha f(t)\) lorsque \(t \to 0\).
- Si l’on peut montrer qu’il existe \(\alpha<1\) tel que \[ f(t)\underset{t \to 0}=o\!\left(\frac{1}{t^\alpha}\right), \] alors l’intégrale converge.
- Si l’on peut montrer qu’il existe \(\alpha \geqslant 1\) tel que \[ \frac{1}{t^\alpha} \underset{t \to 0}=o(f(t)), \] alors l’intégrale diverge.
Exemple
Étudier la nature de l’intégrale \[ \int_1^{+\infty} \frac{\ln(t)}{t^2}\,\mathrm{d}t. \]
On pose \[ f(t)=\frac{\ln(t)}{t^2}. \] La fonction \(f\) est continue et positive sur \([1,+\infty[\). On utilise une négligeabilité :\[ \ln(t) \underset{t \to +\infty}=o(t^{1/2})\] donc :
\[ \frac{\ln(t)}{t^2} \underset{t \to +\infty} = o\!\left(\frac{1}{t^{3/2}}\right). \]Or \(\displaystyle \int_1^{+\infty} \frac{\mathrm{d}t}{t^{3/2}}\) est une intégrale de Riemann convergente (car \(\frac{3}{2}>1\)).
On en déduit que l’intégrale \[ \int_1^{+\infty} \frac{\ln(t)}{t^2}\,\mathrm{d}t \] est convergente.
Peut-on prouver la convergence absolue ?
Démarche
Lorsque la fonction intégrée \(f\) n’est pas de signe constant, il peut être pertinent d’étudier la convergence de l’intégrale de \(|f|\).
On rappelle que :
- si l’intégrale impropre \[ \int_a^b |f(t)|\,\mathrm{d}t \] converge, alors l’intégrale impropre \[ \int_a^b f(t)\,\mathrm{d}t \] converge,
- si l’intégrale impropre \[ \int_a^b |f(t)|\,\mathrm{d}t \] diverge, on ne peut rien conclure quant à la convergence de \[ \int_a^b f(t)\,\mathrm{d}t. \]
Pour étudier la convergence de \(\displaystyle \int_a^b |f(t)|\,\mathrm{d}t\), on revient ensuite aux méthodes précédentes (intégrales de référence, équivalent, comparaison, négligeabilité).
Attention
Étudier la convergence absolue n’a d’intérêt que si l’on souhaite prouver la convergence de l’intégrale.
Absolue convergence
Soit \(f\) une fonction définie sur \([a,b[\).
- Si l’intégrale impropre \[ \int_a^b |f(t)|\,\mathrm{d}t \] converge, alors l’intégrale \[ \int_a^b f(t)\,\mathrm{d}t \] converge.
- Si l’intégrale \[ \int_a^b |f(t)|\,\mathrm{d}t \] diverge, on ne peut rien conclure sur la convergence de \[ \int_a^b f(t)\,\mathrm{d}t. \]
Remarque. Étudier la convergence absolue n’a d’intérêt que pour prouver la convergence.
Exemple
Étudier la nature de l’intégrale \[ \int_1^{+\infty} \frac{\sin(t)}{t^2}\,\mathrm{d}t. \]
On pose \[ f(t)=\frac{\sin(t)}{t^2}. \] La fonction \(f\) est continue sur \([1,+\infty[\) mais change de signe. On étudie donc la convergence de l’intégrale de \(|f|\).
Pour tout \(t \geqslant 1\), on a \[ \left|\frac{\sin(t)}{t^2}\right| \leqslant \frac{1}{t^2}. \]
Or l’intégrale \[ \int_1^{+\infty} \frac{\mathrm{d}t}{t^2} \] est une intégrale de Riemann convergente.
On en déduit que l’intégrale \[ \int_1^{+\infty} \frac{\sin(t)}{t^2}\,\mathrm{d}t \] est absolument convergente, donc convergente.
Peut-on calculer l'intégrale partielle ?
Démarche
Dans certains cas, il est possible d’étudier directement la nature d’une intégrale impropre en calculant l’intégrale partielle associée.
On suppose que \(f\) est une fonction définie et continue sur \([a,b [\). On définit alors :
\[ \forall x \in \left]a,b \right[,\quad F(x)=\int_a^x f(t)\,\mathrm{d}t. \]
On calcule ensuite explicitement \(F(x)\) à l’aide des méthodes usuelles de calcul d’intégrales sur un segment :
- recherche d’une primitive,
- intégration par parties,
- changement de variable.
Il s’agit alors d’étudier la limite de \(F(x)\) lorsque \(x\) tend vers \( b^-\).
- Si la fonction \(F\) admet une limite finie lorsque \(x\) tend vers \( b^-\), alors l’intégrale impropre \[ \int_a^b f(t)\,\mathrm{d}t \] est convergente.
- Si la fonction \(F\) n’admet pas de limite finie lorsque \(x\) tend vers \( b^-\), alors l’intégrale impropre diverge.
Remarque
Il est rare que cette méthode soit utile quand on s'intéresse uniquement à la nature de l'intégrale (et pas à sa valeur).
Définition de la convergence
Soit \(f\) une fonction continue sur \([a,b[\).
On définit la fonction :
\[ \forall x \in \left]a,b \right[,\quad F(x)=\int_a^x f(t)\,\mathrm{d}t. \]
L’intégrale impropre \[ \int_a^b f(t)\,\mathrm{d}t \] est convergente si et seulement si la fonction \(F\) admet une limite finie lorsque \(x \) tend vers \( b^-\).
Exemple
Étudier la nature de l’intégrale impropre \[ \int_2^{+\infty} \frac{1}{t \left[\ln (t) \right]^2}\,\mathrm{d}t. \]
La fonction \[ F : t \mapsto \frac{1}{t \left[\ln (t) \right]^2} \] est définie et continue sur \([2,+\infty[\). On remarque de plus que \( f \) est de la forme \( \frac{u'}{u^2} \) (où \( u : t \mapsto \ln(t) \)) donc :
\begin{align*} \forall x \geqslant 2,\ \int_2^x \frac{1}{t \left[\ln (t) \right]^2}\,\mathrm{d}t &=\left[-\frac{1}{\ln t}\right]_2^x \\ &= \frac{1}{\ln (2)}-\frac{1}{\ln (x)}. \end{align*}
On en déduit : \[ \lim_{x\to + \infty} \int_2^x \frac{1}{t \left[\ln (t) \right]^2}\,\mathrm{d}t =\frac{1}{\ln (2)}. \]
donc l’intégrale \( \displaystyle \int_2^{+\infty} \frac{1}{t \left[\ln (t) \right]^2}\,\mathrm{d}t \) est convergente.