Méthodes

Comment calculer les puissances d’une matrice ?

Une méthode en 5 questions réflexes pour savoir calculer efficacement les puissances d'une matrice.

Thème : Algèbre
Chapitre : Calcul matriciel
Année : ECG1, ECG2
Option : Maths approfondies

Calculer \(A^n\) n’est presque jamais une question de calcul brut.

Dans la grande majorité des exercices, la difficulté consiste à identifier rapidement la bonne stratégie, avant même d’écrire le moindre produit matriciel.

Selon la forme de la matrice, selon les relations qu’elle vérifie, ou selon ce que révèlent ses premières puissances, certaines méthodes deviennent immédiatement pertinentes, tandis que d’autres mènent à des calculs inutiles.

L’objectif de cette fiche est donc simple : se poser les bonnes questions, dans le bon ordre, afin d’obtenir efficacement une expression de \(A^n\) valable pour tout entier \(n\).

Les quatre questions réflexes ci-dessous couvrent l’essentiel des situations rencontrées en prépa ECG.

Les questions réflexes

Le bon calcul de \(A^n\) repose d’abord sur le bon diagnostic de la matrice.


Est-ce une matrice diagonale ?

Démarche

Avant tout calcul, regarder si la matrice est diagonale.

Si

\(A=\mathrm{diag}(\lambda_1,\dots,\lambda_n)\)

alors, pour tout \(n\in\mathbb{N}\),

\(A^n=\mathrm{diag}(\lambda_1^n,\dots,\lambda_n^n)\)

Exemple

Calculer \(A^n\) pour tout \(n \in \mathbb{N}\) lorsque

\[ A= \begin{pmatrix} 1 & 0 & 0 \\ 0 & -1 & 0 \\ 0 & 0 & 3 \end{pmatrix}. \]

On constate que \(A\) est une matrice diagonale. On peut donc appliquer directement le résultat de cours sur les puissances des matrices diagonales.

On a ainsi, pour tout \(n \in \mathbb{N}\),

\[ A^n= \begin{pmatrix} 1^n & 0 & 0 \\ 0 & (-1)^n & 0 \\ 0 & 0 & 3^n \end{pmatrix}. \]


Puis-je utiliser la formule du binôme de Newton ?

Démarche

Avant de commencer des calculs compliqués pour déterminer \(A^n\), il est souvent utile de se demander si la matrice \(A\) ne peut pas s’écrire sous la forme

\[ A = M + N \]

où \(M\) et \(N\) sont des matrices qui commutent, c’est-à-dire telles que \(MN=NM\).

En pratique, cette méthode est particulièrement utile lorsqu’on dispose déjà d’une décomposition simple, ou lorsque la matrice est triangulaire dont les coefficients diagonaux sont tous égaux, c’est-à-dire lorsqu’il existe un réel \(a\) tel que

\[ A = aI + N \]

où \(N\) est une matrice triangulaire dont les coefficients diagonaux sont tous nuls. Dans ce cas, les puissances de \(N\) sont nulles à partir d’un certain rang, ce qui simplifie considérablement le calcul de \(A^n\).

Cette méthode n’est intéressante que si les puissances de \(M\) et de \(N\) sont plus simples à calculer que celles de \(A\).

Erreur classique

  • utiliser la formule du binôme sans avoir vérifié la commutation des matrices ;
  • utiliser la formule du binôme avec \(A=M+N\) sans s’être demandé au préalable si les puissances de \(M\) et de \(N\) sont réellement plus simples à calculer que celles de \(A\).

Exemple

Calculer \(A^n\) pour tout \(n \in \mathbb{N}\) lorsque

\[ A= \begin{pmatrix} 2 & 1 & -1 \\ 0 & 2 & 2 \\ 0 & 0 & 2 \end{pmatrix}. \]

On remarque que \(A\) est triangulaire et que ses coefficients diagonaux sont tous égaux. Il est donc raisonnable d’utiliser la formule du binôme de Newton en écrivant

\[ A = 2I + N \qquad\text{avec}\qquad N= \begin{pmatrix} 0 & 1 & -1 \\ 0 & 0 & 2 \\ 0 & 0 & 0 \end{pmatrix}. \]

Calculons les puissances de \(N\). On a

\[ N^2= \begin{pmatrix} 0 & 0 & 2 \\ 0 & 0 & 0 \\ 0 & 0 & 0 \end{pmatrix} \qquad\text{et}\qquad N^3=0. \]

On en déduit que, pour tout \(k \geqslant 3\),

\[ N^k = N^3 N^{k-3} = 0. \]

Les matrices \(2I\) et \(N\) commutent. On peut donc appliquer la formule du binôme de Newton :

\[ \forall n \in \mathbb{N},\quad A^n = (2I+N)^n = \sum_{k=0}^n \binom{n}{k} (2I)^{\,n-k} N^k. \]

Comme \(N^k=0\) pour tout \(k \geqslant 3\), les termes correspondants sont nuls. On obtient donc, pour tout \(n \geqslant 2\),

\[ \begin{align*} A^n &= 2^n I + \binom{n}{1} 2^{\,n-1} N + \binom{n}{2} 2^{\,n-2} N^2 \\ &= 2^n \begin{pmatrix} 1 & 0 & 0 \\ 0 & 1 & 0 \\ 0 & 0 & 1 \end{pmatrix} + n\,2^{\,n-1} \begin{pmatrix} 0 & 1 & -1 \\ 0 & 0 & 2 \\ 0 & 0 & 0 \end{pmatrix} + \frac{n(n-1)}{2}\,2^{\,n-2} \begin{pmatrix} 0 & 0 & 2 \\ 0 & 0 & 0 \\ 0 & 0 & 0 \end{pmatrix} \\ &= \begin{pmatrix} 2^n & n\,2^{\,n-1} & n(n-3)\,2^{\,n-2} \\ 0 & 2^n & n\,2^n \\ 0 & 0 & 2^n \end{pmatrix}. \end{align*} \]

Après vérification directe, on constate que cette formule reste valable pour \(n=0\) et pour \(n=1\).


Si je calcule \(A^2\) et \(A^3\), puis-je conjecturer une formule générale ?

Démarche

Lorsque les méthodes précédentes ne s’appliquent pas directement, calculer \(A^2\) puis \(A^3\) permet parfois de faire apparaître une structure simple dans les puissances de la matrice, à partir de laquelle on peut conjecturer une formule valable pour tout \(n\).

La conjecture porte le plus souvent :

  • soit sur une écriture de \(A^n\) comme combinaison linéaire de quelques matrices fixes,
  • soit directement sur les coefficients de \(A^n\), lorsqu’ils suivent un motif simple (dépendance polynomiale en \(n\), alternance de signes, stabilisation de certains termes, etc.).

Pour calculer \( A^n \), on peut donc procéder ainsi :

  • Calculer explicitement \(A^2\) puis \(A^3\).
  • Observer la forme des matrices obtenues et les régularités qui apparaissent.
  • Conjecturer une expression générale pour \(A^n\).
  • Justifier la conjecture par récurrence en utilisant \(A^{n+1}=A^nA\), et en vérifiant que la forme conjecturée est stable par multiplication par \(A\).

Exemple

Calculer \(A^n\) pour tout \(n \in \mathbb{N}\) lorsque

\[ A= \begin{pmatrix} 1&0&1\\ 0&-1&0\\ 0&0&2 \end{pmatrix}. \]

Faute de voir quelque chose de simple (matrice diagonale, décomposition pour utiliser la formule du binôme de Newton), on calcule \(A^2\) et \(A^3\) pour voir si l’on peut conjecturer un résultat général.

\[ A^2= \begin{pmatrix} 1&0&3\\ 0&1&0\\ 0&0&4 \end{pmatrix} \qquad\text{et}\qquad A^3= \begin{pmatrix} 1&0&7\\ 0&-1&0\\ 0&0&8 \end{pmatrix}. \]

On observe que \(A^n\) reste triangulaire supérieure, que les coefficients diagonaux semblent être \(1\), \((-1)^n\) et \(2^n\), et que le coefficient \((1,3)\) prend les valeurs \(1,3,7,\dots\), ce qui suggère la conjecture \((A^n)_{1,3}=2^n-1\). On conjecture donc que

\[ \forall n \in \mathbb{N},\quad A^n= \begin{pmatrix} 1&0&2^n-1\\ 0&(-1)^n&0\\ 0&0&2^n \end{pmatrix}. \]

On montre alors par récurrence que

\[ \forall n \in \mathbb{N},\quad A^n= \begin{pmatrix} 1&0&2^n-1\\ 0&(-1)^n&0\\ 0&0&2^n \end{pmatrix}. \]

  1. Initialisation. Par convention \(A^0=I_3\), donc

    \[ \begin{align*} A^0 &= \begin{pmatrix} 1&0&0\\ 0&1&0\\ 0&0&1 \end{pmatrix}\\ &= \begin{pmatrix} 1&0&2^0-1\\ 0&(-1)^0&0\\ 0&0&2^0 \end{pmatrix} \end{align*} \]

    donc la proposition est vraie au rang \(0\).
  2. Hérédité. Soit \(n \in \mathbb{N}\). On suppose que la proposition est vraie au rang \(n\), c’est-à-dire

    \[ A^n= \begin{pmatrix} 1&0&2^n-1\\ 0&(-1)^n&0\\ 0&0&2^n \end{pmatrix}. \]

    On a alors

    \[ \begin{align*} A^{n+1} &= A^nA\\ &= \begin{pmatrix} 1&0&2^n-1\\ 0&(-1)^n&0\\ 0&0&2^n \end{pmatrix} \begin{pmatrix} 1&0&1\\ 0&-1&0\\ 0&0&2 \end{pmatrix}\\ &= \begin{pmatrix} 1&0&1+2(2^n-1)\\ 0&(-1)^{n+1}&0\\ 0&0&2^{n+1} \end{pmatrix}\\ &= \begin{pmatrix} 1&0&2^{n+1}-1\\ 0&(-1)^{n+1}&0\\ 0&0&2^{n+1} \end{pmatrix} \end{align*} \]

    donc la proposition est vraie au rang \(n+1\).
  3. Conclusion. On a ainsi prouvé par récurrence que

    \[ \forall n \in \mathbb{N},\quad A^n= \begin{pmatrix} 1&0&2^n-1\\ 0&(-1)^n&0\\ 0&0&2^n \end{pmatrix}. \]


Est-ce que je dispose d’un polynôme annulateur ?

Démarche

Si \(P\) est un polynôme annulateur de \( A\) (i.e. tel que \(P(A)=0\)) et si le polynôme \(P\) est de degré raisonnable, alors les puissances de \(A\) peuvent être déterminées à l’aide de ce polynôme. Dans ce cas, c’est très souvent la méthode la plus rapide.

L’idée est la suivante. Pour tout entier \(n\), on effectue la division euclidienne de \(X^n\) par \(P\) :

\[ X^n = Q_n(X)P(X)+R_n(X), \qquad \deg R_n < \deg P. \]

On évalue ensuite cette égalité en la matrice \(A\). Comme \(P(A)=0\), on obtient immédiatement

\[ A^n = R_n(A). \]

Ainsi, pour calculer \(A^n\), il suffit de déterminer le polynôme \(R_n\), dont le degré est strictement inférieur à celui de \(P\).

En pratique, on détermine le polynôme \(R_n\) en exploitant l’égalité \(X^n = R_n(X)\) sur les racines du polynôme \(P\), en tenant compte de leurs multiplicités éventuelles. Cela conduit à un système linéaire dont les inconnues sont les coefficients de \(R_n\).

Exemple

On considère la matrice

\[ A= \begin{pmatrix} 2&0&0\\ -4&1&2\\ 0&0&2 \end{pmatrix} \]

On pose \(\displaystyle P(X)=X^2-3X+2\).

  1. Montrer que \(P\) est un polynôme annulateur de \(A\)
  2. Justifier que, pour tout \(n \in \mathbb{N}\), il existe des réels \(a_n\) et \(b_n\) et un polynôme \(Q_n\) tels que

    \[ X^n = P(X)Q_n(X) + a_nX+b_n \]

  3. En déduire une expression explicite de \(A^n\) en fonction de \(n\)

Corrigé

  1. On calcule d’abord \(A^2\) :

    \[ A^2= \begin{pmatrix} 4&0&0\\ -12&1&6\\ 0&0&4 \end{pmatrix}. \]

    On en déduit

    \[ \begin{align*} P(A) &=A^2-3A+2I_3\\ &= \begin{pmatrix} 4&0&0\\ -12&1&6\\ 0&0&4 \end{pmatrix} -3 \begin{pmatrix} 2&0&0\\ -4&1&2\\ 0&0&2 \end{pmatrix} +2 \begin{pmatrix} 1&0&0\\ 0&1&0\\ 0&0&1 \end{pmatrix}\\ &= \begin{pmatrix} 0&0&0\\ 0&0&0\\ 0&0&0 \end{pmatrix}. \end{align*} \]

    Ainsi \(P(A)=0\), donc \(P\) est un polynôme annulateur de \(A\).

  2. Le polynôme \(P\) n’est pas le polynôme nul. D’après le théorème de division euclidienne dans \(\mathbb{R}[X]\), pour tout \(n \in \mathbb{N}\), il existe un unique couple \((Q_n,R_n)\) tel que

    \[ X^n=P(X)Q_n(X)+R_n(X) \qquad \deg R_n < \deg P. \]

    Comme \(\deg P=2\), on peut écrire \(R_n(X)=a_nX+b_n\).

  3. On remarque que les racines de \(P\) sont \(1\) et \(2\). On évalue donc l’égalité \(X^n=P(X)Q_n(X)+R_n(X)\) en \(1\) puis en \(2\). On a alors :

    \[ \begin{cases} 1^n = R_n(1)\\ 2^n = R_n(2) \end{cases} \quad\text{c’est-à-dire}\quad \begin{cases} a_n+b_n=1\\ 2a_n+b_n=2^n \end{cases} \]

    d’où \(\displaystyle a_n=2^n-1\) et \(\displaystyle b_n=2-2^n\).

    En évaluant l’identité \(X^n=P(X)Q_n(X)+R_n(X)\) en \(A\) et en utilisant \(P(A)=0\), on obtient

    \[ \forall n \in \mathbb{N},\quad A^n=R_n(A)=a_nA+b_nI_3 \]

    donc

    \[ \forall n \in \mathbb{N},\quad A^n= (2^n-1)A+(2-2^n)I_3. \]

    En développant, on obtient l’expression explicite

    \[ \forall n \in \mathbb{N},\quad A^n= \begin{pmatrix} 2^n&0&0\\ -4(2^n-1)&1&2(2^n-1)\\ 0&0&2^n \end{pmatrix}. \]


La matrice \( A \) est-elle diagonalisable ?

Démarche

Il est important de se souvenir que, si la matrice \(A\) est diagonalisable et si l’on connaît ses valeurs propres ainsi que ses sous-espaces propres, alors le calcul de \(A^n\) peut souvent se faire rapidement.

En effet, dans ce cas, il existe une matrice \(P\) inversible et une matrice \(D\) diagonale telles que

\[ A=PDP^{-1}. \]

On en déduit alors, pour tout \(n \in \mathbb{N}\),

\[ A^n = P D^n P^{-1}. \]

La matrice \(D^n\) se calcule immédiatement en élevant chacun de ses coefficients diagonaux à la puissance \(n\). Il suffit ensuite de calculer le produit \(P D^n P^{-1}\) pour obtenir \(A^n\).

Remarque. Cette méthode n’est réellement pertinente que si l’on connaît déjà les valeurs propres et les sous-espaces propres de \(A\). Dans le cas contraire, la détermination de \(P\) et de \(P^{-1}\) peut conduire à des calculs longs et peu efficaces.

Exemple

Calculer \(A^n\) pour tout \(n \in \mathbb{N}\) lorsque

\[ A= \begin{pmatrix} 1 & 2 \\ 1 & 0 \end{pmatrix}. \]

  • On commence par chercher les valeurs propres et les sous-espaces propres de \(A\) afin de montrer que \(A\) est diagonalisable.
    • Valeurs propres. On résout \(\det(A-\lambda I_2)=0\). On obtient \[ \det \begin{pmatrix} 1-\lambda & 2 \\ 1 & -\lambda \end{pmatrix} =\lambda^2-\lambda-2, \] d’où les valeurs propres \(2\) et \(-1\).
    • Sous-espace propre associé à \(2\). On résout \((A-2I_2)X=0\) en posant \(X=\begin{pmatrix}x\\y\end{pmatrix}\). On obtient le système \[ \begin{cases} -x+2y=0\\ x-2y=0 \end{cases} \] ce qui donne \(x=2y\). Le sous-espace propre associé à \(2\) est donc \[ E_2=\mathrm{Vect}\!\left( \begin{pmatrix} 2\\ 1 \end{pmatrix} \right). \] On choisit \( V_1=\begin{pmatrix}2\\1\end{pmatrix}. \)
    • Sous-espace propre associé à \(-1\). On résout \((A+I_2)X=0\) avec \(X=\begin{pmatrix}x\\y\end{pmatrix}\), ce qui conduit au système \[ \begin{cases} 2x+2y=0\\ x+y=0 \end{cases} \] donc \(x=-y\). Le sous-espace propre associé à \(-1\) est \[ E_{-1}=\mathrm{Vect}\!\left( \begin{pmatrix} -1\\ 1 \end{pmatrix} \right). \] On choisit \( V_2=\begin{pmatrix}-1\\1\end{pmatrix}. \)
    • Les vecteurs \(V_1\) et \(V_2\) sont deux vecteurs propres associés à des valeurs propres distinctes. Ils sont donc linéairement indépendants et forment une base de \(\mathcal{M}_{2,1}(\mathbb{R})\). Cela prouve que \(A\) est diagonalisable.
  • On note alors

    \[ P=(V_1\mid V_2)= \begin{pmatrix} 2 & -1\\ 1 & 1 \end{pmatrix} \qquad\text{et}\qquad D= \begin{pmatrix} 2 & 0\\ 0 & -1 \end{pmatrix}. \]

    On calcule \(\det(P)=2\cdot1-(-1)\cdot1=3\), donc

    \[ P^{-1} =\frac{1}{3} \begin{pmatrix} 1 & 1\\ -1 & 2 \end{pmatrix}. \]

    On a alors

    \[ \begin{align*} \forall n \in \mathbb{N},\quad A^n &= P D^n P^{-1} \\ &= \begin{pmatrix} 2 & -1\\ 1 & 1 \end{pmatrix} \begin{pmatrix} 2^n & 0\\ 0 & (-1)^n \end{pmatrix} \frac{1}{3} \begin{pmatrix} 1 & 1\\ -1 & 2 \end{pmatrix} \\ &= \frac{1}{3} \begin{pmatrix} 2^{n+1}+(-1)^n & 2\bigl(2^n-(-1)^n\bigr)\\ 2^n-(-1)^n & 2^n+2(-1)^n \end{pmatrix}. \end{align*} \]


error: Ce contenu est protégé !