Méthodes

Comment obtenir une égalité \(A=PDP^{-1}\) où \(D\) est diagonale ?

Les méthodes efficaces pour bien choisir les matrices de diagonalisation.

Thème : Algèbre
Chapitre : Diagonalisation
Année : ECG2
Option : Maths appliquées, Maths approfondies

Dans cette fiche, on suppose que la matrice \(A\in\mathcal{M}_n(\mathbb{R})\) est diagonalisable.

L’objectif est alors d’obtenir concrètement une égalité de la forme \[ A=PDP^{-1}, \] où \(D\) est une matrice diagonale et \(P\) une matrice inversible.

Pour cela, il est essentiel de bien comprendre comment choisir la matrice diagonale \(D\), puis comment construire une matrice \(P\) adaptée.

Les questions réflexes

Une fois la diagonalisabilité acquise, il s’agit de se poser les bonnes questions pour construire efficacement une égalité \(A=PDP^{-1}\).


Comment trouver une matrice diagonale \( D \) semblable à \( A \) ?

Démarche

On suppose que la matrice \(A\in\mathcal{M}_n(\mathbb{R})\) est diagonalisable.

La première étape consiste à déterminer une matrice diagonale \(D\) semblable à \(A\).

Les coefficients diagonaux de \(D\) sont nécessairement les valeurs propres de \(A\), chacune répétée autant de fois que la dimension du sous-espace propre associé.

Ainsi, si les valeurs propres de \(A\) sont \(\lambda_1,\dots,\lambda_r\) et si \[ \dim(E_{\lambda_1}(A))+\cdots+\dim(E_{\lambda_r}(A))=n, \] alors on peut choisir \(D\) comme une matrice diagonale dont les coefficients diagonaux sont constitués de \[ \underbrace{\lambda_1,\dots,\lambda_1}_{\dim(E_{\lambda_1}(A))\ \text{fois}},\ \dots,\ \underbrace{\lambda_r,\dots,\lambda_r}_{\dim(E_{\lambda_r}(A))\ \text{fois}}. \]

Le choix de l’ordre des coefficients diagonaux est libre : différentes matrices diagonales \(D\) peuvent convenir.

Exemple

On suppose que \(A\in\mathcal{M}_3(\mathbb{R})\) est diagonalisable et que ses valeurs propres sont \(1\) et \(2\), avec \[ \dim(E_1(A))=1 \qquad\text{et}\qquad \dim(E_2(A))=2. \]

Une première matrice diagonale semblable à \(A\) peut être choisie sous la forme \[ D_1=\begin{pmatrix} 1&0&0\\ 0&2&0\\ 0&0&2 \end{pmatrix}. \]

Un autre choix, tout aussi valable, est par exemple \[ D_2=\begin{pmatrix} 2&0&0\\ 0&1&0\\ 0&0&2 \end{pmatrix}. \]

Les matrices \(D_1\) et \(D_2\) ont les mêmes coefficients diagonaux, à l’ordre près.

Elles sont donc toutes deux semblables à \(A\) (et, en particulier, semblables entre elles).


Comment choisir \(P\) et \( D\) telles que \( A=PDP^{-1} \) ?

Démarche

On suppose que \(A\in\mathcal{M}_n(\mathbb{R})\) est diagonalisable et que l’on a choisi une matrice diagonale \(D\) semblable à \(A\).

Pour construire une égalité \(A=PDP^{-1}\), on procède ainsi :

  • pour chaque valeur propre \(\lambda\) de \(A\), on détermine une base du sous-espace propre \(E_\lambda(A)\),
  • on concatène ces bases pour former une famille \((X_1,\dots,X_n)\) de \(n\) vecteurs propres linéairement indépendants,
  • l’ordre des vecteurs propres \(X_1,\dots,X_n\) doit être exactement le même que l’ordre des valeurs propres apparaissant sur la diagonale de \(D\),
  • on définit \(P\) comme la matrice dont les colonnes sont \(X_1,\dots,X_n\).

Alors \(P\) est inversible et on a \[ AP=PD, \] donc \[ A=PDP^{-1}. \]

Erreur classique

Choisir correctement les vecteurs propres mais dans un ordre incompatible avec celui des coefficients diagonaux de \(D\).

Exemple

On considère la matrice \[ A=\begin{pmatrix}1&1&1\\1&1&1\\1&1&1\end{pmatrix}. \]

On admet que \(A\) est diagonalisable, que ses valeurs propres sont \(0\) et \(3\), et que \[ E_0(A)=\mathrm{Vect}(X_1,X_2) \quad\text{et}\quad E_3(A)=\mathrm{Vect}(X_3) \] avec \[ X_1=\begin{pmatrix}1\\-1\\0\end{pmatrix}, \qquad X_2=\begin{pmatrix}1\\0\\-1\end{pmatrix}, \qquad X_3=\begin{pmatrix}1\\1\\1\end{pmatrix}. \]

  • Premier choix
    On choisit \[ D_1=\begin{pmatrix}0&0&0\\0&0&0\\0&0&3\end{pmatrix} \] et \[ P_1=\begin{pmatrix}\,|&|&|\,\\ X_1&X_2&X_3\\ \,|&|&|\,\end{pmatrix} =\begin{pmatrix} 1&1&1\\ -1&0&1\\ 0&-1&1 \end{pmatrix}. \] Les colonnes de \(P_1\) sont associées respectivement aux valeurs propres \(0,0,3\), dans le même ordre que sur la diagonale de \(D_1\), donc \[ A=P_1D_1P_1^{-1}. \]
  • Deuxième choix
    On choisit \[ D_2=\begin{pmatrix}3&0&0\\0&0&0\\0&0&0\end{pmatrix} \] et \[ P_2=\begin{pmatrix}\,|&|&|\,\\ X_3&X_1&X_2\\ \,|&|&|\,\end{pmatrix} =\begin{pmatrix} 1&1&1\\ 1&-1&0\\ 1&0&-1 \end{pmatrix}. \] Les colonnes de \(P_2\) sont associées respectivement aux valeurs propres \(3,0,0\), dans le même ordre que sur la diagonale de \(D_2\), donc \[ A=P_2D_2P_2^{-1}. \]

Les couples \((P_1,D_1)\) et \((P_2,D_2)\) conviennent tous les deux : le choix n’est pas unique, mais l’ordre des colonnes de \(P\) doit toujours correspondre à l’ordre des coefficients diagonaux de \(D\).


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