Méthodes

Comment calculer la probabilité d’une union d’événements ?

Une méthode pour calculer efficacement \(\mathbb{P} \!\left(\bigcup A_i\right)\) selon la structure des événements.

Thème : Probabilités
Chapitre : Espaces probabilisés
Année : ECG1, ECG2
Option : Maths appliquées, Maths approfondies

Le calcul de la probabilité d’une union d’événements apparaît très fréquemment en probabilités. Selon la nature des événements considérés (disjonction, indépendance, nombre d’événements, structure infinie), la méthode de calcul varie fortement.

Le but de cette méthode est d’identifier rapidement la bonne stratégie afin d’éviter les erreurs classiques et les calculs inutiles.

Les questions réflexes

Pour calculer \(\mathbb{P} \! \left(\bigcup A_i\right)\), on se pose systématiquement les questions suivantes.


Les événements sont-ils deux à deux disjoints ?

Démarche

Lorsqu’on cherche à calculer la probabilité d'une union, comme \(\mathbb{P}\! \left(\bigcup_{i\in I} A_i\right)\), le premier réflexe est de vérifier si les événements de la famille \((A_i)_{i\in I}\) sont deux à deux disjoints (ou incompatibles deux à deux, ce qui revient à dire que \( A_i \) et \( A_j \) ne peuvent se réaliser simultanément si \( i \neq j \)).

Si c’est le cas, l’union correspond à une « somme » de cas qui ne peuvent pas se produire simultanément, et on a alors :

\[ \mathbb{P}\left(\bigcup_{i\in I} A_i\right)=\sum_{i\in I}\mathbb{P}(A_i). \]

Erreur classique. Confondre « disjoints » et « indépendants ». Des événements disjoints ne sont pas indépendants (sauf cas triviaux).

Exemple

On effectue \(n\) lancers indépendants d’un dé équilibré à six faces. On cherche la probabilité que tous les lancers donnent le même résultat.

Pour \(k \in \{1,2,3,4,5,6\}\), on note \(A_k\) l’événement « tous les lancers donnent le résultat \(k\) ».

L’événement étudié s’écrit :

\[ A=\bigcup_{k=1}^{6} A_k. \]

Les événements \(A_1,\dots,A_6\) sont deux à deux disjoints, car tous les lancers ne peuvent pas être simultanément égaux à deux valeurs différentes, donc :

\[ \mathbb{P}(A)=\sum_{k=1}^{6}\mathbb{P}(A_k). \]

Calculons \(\mathbb{P}(A_k)\). L’événement \(A_k\) correspond à obtenir le résultat \(k\) à chacun des \(n\) lancers.

Comme les \(n\) lancers sont indépendants et comme, à chaque lancer, la probabilité d’obtenir le numéro \(k\) vaut \(\dfrac{1}{6}\), on obtient :

\[ \mathbb{P}(A_k)=\left(\frac{1}{6}\right)^n. \]

Donc :

\[ \mathbb{P}(A)=6 \times \left(\frac{1}{6}\right)^n=6^{1-n}. \]


L’union porte-t-elle sur deux événements ?

Démarche

Lorsque l’union porte sur deux événements \(A\) et \(B\), et si \(A\) et \(B\) ne sont pas disjoints, on utilise la formule générale :

\[ \mathbb{P}(A \cup B)=\mathbb{P}(A)+\mathbb{P}(B)-\mathbb{P}(A \cap B). \]

Cette formule permet d’éviter de compter deux fois les cas où \(A\) et \(B\) se réalisent simultanément.

Elle s’applique toujours, quels que soient les événements \(A\) et \(B\).

Erreur classique. Oublier le terme \(\mathbb{P}(A \cap B)\) ou supposer à tort que les événements sont disjoints.




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